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Le cannabidiol, communément appelé CBD, est l’un des cannabinoïdes (molécules) naturellement présents dans la plante de cannabis. Contrairement à son cousin le THC (autre cannabinoïde), le CBD est une molécule non stupéfiante, dépourvue d’effets psychotropes. Il est décliné sous diverses formes, généralement en fleurs séchées, en huile ou en gélules.

Bien que le CBD et le THC soient deux substances chimiques distinctes, le CBD contient une faible dose de THC (< 0,2 %). En consommer ne provoque pas d’euphorie, mais peut rendre un test de dépistage au THC positif.

Pour obtenir des informations concernant le cannabis, consultez notre page dédiée. Vous pouvez également en apprendre d’avantage sur le cannabis de synthèse en vous rendant sur cette page.

Autres appellations : cannabis légal, cannabis light, weed CBD, cannabis CBD

Attention, toutes les informations renseignées ici sont des notions théoriques qui ne remplaceront jamais un accompagnement professionnel. N’hésitez pas à contacter notre service d’accompagnement téléphonique au 02/227 52 52 pour toute demande d’information complémentaire ou personnalisée.

Le cannabidiol, ou CBD, est l’un des cannabinoïdes (soit une molécule) présent naturellement dans les fleurs de chanvre. Le cannabis (ou chanvre) contient environ une centaine de cannabinoïdes, dont le plus connu est le THC (tétrahydrocannabinol). Les cannabinoïdes agissent principalement sur le système endocannabinoïde humain – un réseau biologique complexe de récepteurs, de ligands endogènes et d’enzymes – qui est distribué dans le système nerveux central et d’autres organes périphériques.


Les effets du CBD sur l’organisme sont différents de ceux de son cousin le THC : il n’a pas d’effet euphorisant et n’a quasiment pas d’effet psychotrope. Cependant, le CBD contient toujours une faible dose de THC (< 0,2 %), ce qui peut rendre un test de dépistage positif.

Le CBD vendu sur Internet ou dans des boutiques spécialisées est proposé sous de nombreuses formes :

  • fleurs séchées et résines
  • huile et teinture : diluées, contenues sous forme de flacons avec un compte-gouttes
  • gélules
  • poudre : qui peut être mélangée à divers aliments
  • infusions et tisanes : souvent combinées à d’autres herbes
  • e-liquides pour cigarette électronique
  • consommation topique : crèmes, lotions, baumes et produits cosmétiques à appliquer directement sur la peau

Autres appellations : cannabis légal, cannabis light, weed CBD, cannabis CBD

Le chanvre (Cannabis sativa) est une espèce de plante herbacée de la famille des Cannabinacées. Il est cultivé par les êtres humains depuis plusieurs siècles, pour différents usages : alimentaire, cosmétique, textile ou en construction. On relate des usages psychotropes du cannabis depuis au moins 2700 ans av. J.-C.

Au XIXe siècle, le cannabis est étudié et utilisé en Occident pour ses vertus médicinales, notamment pour soulager diverses douleurs. Progressivement, la médecine s’y intéresse aussi dans le cadre de traitement de troubles mentaux. La plante est utilisée dans certaines préparations pharmacologiques jusque dans les années 1960.

Dans les années 1940, le chimiste américain Roger Adam effectue des recherches sur le cannabis. Il réussit à isoler le CBD, mais les outils d’analyse de l’époque étaient incapables de déterminer sa structure complète. C’est environ une vingtaine d’années plus tard, en 1963, que le chercheur en chimie Raphaël Mechoulam parvient à découvrir la structure exacte du CBD, puis à le synthétiser (avec également le THC). Il a ainsi pu démontrer que le CBD, contrairement au THC, n’est pas psychoactif. Depuis lors, de nombreuses études seront faites un peu partout dans le monde, multipliant les découvertes sur les propriétés et les bienfaits du cannabidiol.

Selon le bulletin socio-épidémiologique d’Eurotox, 23,1 % des Belges sondé·es auraient déjà consommé des produits à base de CBD (chiffre de 2019). Parmi ces usager·ères déclaré·es, nombreux·ses sont celles et ceux invoquant des motivations thérapeutiques.

En Belgique, le CBD est légal si son taux de THC ne dépasse pas 0,2 %. Les produits au CBD sont donc autorisés à la vente, mais sous certaines conditions strictes.

Le CBD n’est pas autorisé dans les denrées alimentaires (bonbons, boissons) ni comme complément alimentaire. Il peut par contre être vendu dans les pharmacies sous forme médicamenteuse (avec prescription), ou d’huile/crème à usage externe (sans prescription). Les huiles sublinguales vendues légalement sont souvent enregistrées comme cosmétiques ou préparations magistrales en pharmacie.

En Belgique, la fleur de chanvre est le seul produit contenant du CBD qui a été légitimé par les autorités. Il est catégorisé comme « autre tabac à fumer » et est soumis à la même législation que le tabac* (taxe, emballage, etc.). Depuis le 1er avril 2025, la loi impose une interdiction d’étalage : les commerces vendant ce type de produits doivent les masquer de la vue du public.

La législation sur le CBD en Belgique est en constante évolution et il est important de se tenir informé·e des dernières mises à jour pour garantir la conformité aux réglementations en vigueur.

*Pour en savoir plus, consultez notre fiche tabac.

Attention, la durée de présence des produits dans l’organisme dépend beaucoup de la durée de consommation, des doses, des fréquences et des paramètres physiologiques de la personne. Les informations ci-dessous sont donc à prendre avec précaution.

Le CBD ne fait pas l’objet de dépistage. Cependant, dans le cas d’une consommation régulière, une concentration de THC peut être observée dans l’organisme. Ce THC peut être dépisté par un test urinaire, salivaire ou sanguin.

Voici la durée de présence du THC dans l’organisme :

  • Dans la salive : de 6 à 12 heures pour une consommation occasionnelle (pas plus d’un joint par semaine) et jusqu’à 24 heures pour une consommation régulière.
  • Dans le sang : de 2 à 8 heures pour une consommation occasionnelle, jusqu’à plusieurs semaines pour une consommation régulière.
  • Dans les urines : de 3 à 5 jours pour une consommation occasionnelle et jusqu’à six semaines pour une consommation régulière.

Les modes de consommation du CBD sont multiples :

  • Voie orale (gélules/capsules et produits alimentaires) : les effets apparaissent jusqu’à 1 à 2 heures après l’ingestion et durent en moyenne entre 3 et 6 heures.
  • Voie sublinguale (huile, teinture, pâte de CBD) : le produit est posé sous la langue. Les effets apparaissent en 5 à 30 minutes et durent 2 à 3 heures.
  • Voie cutanée (patches, crèmes, cosmétiques).
  • À fumer sous forme de joint (cigarettes avec du tabac et des fleurs séchées de CDB) : les effets apparaissent en 5 à 15 minutes et durent en moyenne 1 à 2 heures.
  • Inhalation (par vaporisation) : les fleurs ou résine de CBD sont portées à ébullition puis se transforment en particules gazeuses, c’est-à-dire en vapeur. Cette vapeur est aspirée en une fois et procure un effet immédiat, pour une durée d’action de 2 à 3 heures.

Il ne faut pas confondre le CBD avec le cannabis sous sa forme traditionnelle (fleur de chanvre) et le THC. Le CBD et le THC sont deux constituants différents du cannabis, lui même composé d’une centaine d’autres cannabinoïdes apportant des effets planants. Contrairement au THC, le CBD ne provoque pas d’effet planant, et est même connu pour atténuer certains effets (anxiogènes et psychotiques) du THC.
Pour en savoir plus sur le cannabis, consultez notre page dédiée.

Le CBD ne doit pas non plus être confondu avec le cannabis de synthèse, qui se présente notamment sous forme d’herbes séchées dans des sachets métalliques ou de liquide pour cigarette électronique. Le cannabis de synthèse est un produit fabriqué en laboratoire à partir de substances chimiques imitant les effets psychotropes du THC. Il contient des molécules artificielles extrêmement dangereuses et toxiques, parfois pulvérisées illégalement sur des fleurs de CBD de mauvaise qualité.
Pour en savoir plus sur le cannabis synthétique, consultez notre page dédiée.

Enfin, il ne faut pas confondre CBD et cannabis médical, composé d’un ensemble de médicaments standardisés délivrés uniquement sur ordonnance stricte en pharmacie belge (exemple : Sativex, Epidiolex).

Attention, les effets recherchés peuvent être différents des effets rencontrés. Ceux-ci peuvent être liés à l’état mental et physique de la personne, du contexte de consommation (stress, anxiété, en groupe ou seul, etc.) et/ou à la qualité du produit.

Les effets secondaires du CBD restent encore peu étudiés. Consommé à des fins thérapeutiques ou récréatives, les effets recherchés du CBD sont couramment les suivants :

  • relâchement musculaire et diminution des tensions physiques
  • diminution du rythme cardiaque et du stress
  • apaisement mental, diminution du stress et de l’anxiété
  • aide à l’endormissement

Attention, dans le cadre d’une consommation chronique, les effets peuvent changer. Certains effets peuvent s’atténuer ou s’intensifier, tandis que d’autres peuvent disparaître ou apparaître. Les nouveaux effets rencontrés peuvent s’approcher des effets recherchés initialement ou justement s’en éloigner.

En l’état actuel des connaissances, les effets secondaires du CBD observés sont :

  • sédation, somnolence
  • fatigue
  • diarrhées
  • nausées, vomissements
  • modifications de l’appétit et du poids
  • éruptions cutanées
  • affections psychiatriques (irritabilité, agressivité)
  • affections du système nerveux (léthargies, crise d’épilepsie)
  • fièvre

Dans certains cas très rares, certaines personnes peuvent ressentir les effets indésirables suivants :

•    état de confusion
•    étourdissements
•    chute de tension artérielle

En raison de son statut de produit « jeune », des recherches sont encore actuellement en cours concernant les effets de la consommation du CBD sur un temps long. En revanche, il est avéré que, contrairement au THC, il n’atteint pas les capacités cognitives du ou de la consommateur·trice.

Les risques liés à l’usage de CBD sont encore mal connus car peu étudiés. Le SPF Santé Publique émet des réserves par principe de précaution concernant l’usage prolongé et massif (notamment sur d’éventuels impacts hépatiques ou sur le système reproducteur en cas de surdosages chroniques).

Le CBD bloque certaines enzymes du foie. Il comporte alors un risque de modifier l’efficacité ou d’augmenter la toxicité de certains traitements et médicaments (anti-épileptiques, anticoagulants, antidépresseurs, immunosuppresseurs et certaines chimiothérapies).

Fumé, avec ou sans tabac, sa combustion entraine la production de goudrons et de monoxyde de carbone. C’est le cas de toute substance brûlée.
Cela augmente, pour le ou la consommateur·trice les risques d’accident cardio-vasculaire, de troubles respiratoires et de cancers.

Pour les produits à base de CBD vendus sur internet, il faut ajouter les risques suivants :

  • La qualité et la sécurité des médicaments à base de CBD vendus hors du circuit légal ne sont pas garanties et exposent à des risques graves.
  • Les teneurs en THC annoncées dans les produits à base de CBD ne sont pas toujours fiables.
  • La pureté des produits à base de CBD n’est pas garantie (présence d’autres molécules…).
  • Les taux de CBD annoncés ne sont pas garantis.
  • Éviter de prendre du CBD si vous suivez un traitement médical. Il existe des risques d’interactions graves.
  • Commencez avec de petites doses, allez lentement : initiez la prise avec de faibles dosages (ex : 2 gouttes d’huile à 5 % ou 10 %) et ajustez progressivement.
  • Ne pas acheter du CBD vendu hors cadre légal : il est impossible d’avoir la garantie que les dosages sont conformes à ce qui est annoncé sur le site de vente ou sur l’emballage (taux de CBD, taux de THC, molécules présentes…)
  • Préférer la vaporisation au joint : le produit n’étant pas exposé à une flamme, il n’y a pas de combustion. La fumée qui émane de la vaporisation ne contient aucun produit toxique et ne présente donc pas de risque pour le système respiratoire, contrairement au joint.
  • Ne pas mélanger CBD et tabac : cela permet entre autres d’éviter les risques associés à la nicotine (dépendance, effets au niveau cardio-vasculaire). Des alternatives au tabac existent : feuilles de sauge, framboisier ou guimauve, feuilles et fleurs de houblon, barbe de maïs (demandez conseil à un herboriste). Le CBD peut également se consommer seul (il existe des déchets de CBD, à un prix plus abordable).
  • En cas de vapotage, il est important de choisir des e-liquides de qualité, auprès de fabricants qui garantissent une haute pureté en CBD et l’absence de THC ou d’autres substances.
  • Étant donné le manque de recul par rapport aux études, il est déconseillé aux personnes enceintes (ou allaitantes) de consommer du CBD. Si toutefois, vous souhaitez en consommer, parlez-en à un·e professionnel·le de santé.
  • Ne pas conduire : évitez rigoureusement de prendre le volant après consommation (le test salivaire belge ne fait pas la différence entre un joint de THC et de CBD).

Il existe de multiples définitions de la dépendance et il existe presque autant de types de dépendance qu’il y a de personnes dépendantes. Pour chaque produit et/ou comportement addictif, certaines personnes pourront ressentir certains symptômes de la dépendance, ou non. Chaque situation sera donc toujours particulière. N’hésitez jamais à solliciter un accompagnement professionnel.

En l’état actuel des connaissances, le CBD ne semble pas avoir de potentiel addictogène, et il n’entraîne pas de tolérance, même à forte dose. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) confirme qu’il ne présente aucun potentiel addictif. Cependant, cette observation est à nuancer. Bien qu’il n’y ait pas de risque d’accoutumance physique, il peut exister une forme de dépendance psychologique aux effets du CBD.

Il est d’ailleurs à noter que le CBD peut être une alternative transitoire dans une volonté d’arrêt de consommation de cannabis.

Les informations référencées ici sont, pour la plupart, issues de l’expérience des travailleurs d’Infor Drogues & Addictions et des échanges avec des consommateurs·trices, professionnels·les de différents secteurs ou d’autres institutions actives dans le domaine des addictions (notamment celles membres de la Féda).

Toutefois, certaines informations ont nécessité d’être vérifiées ou complétées par des sources externes afin de garantir la véracité de l’ensemble du contenu repris ici. Voici les références supplémentaire utilisées pour l’élaboration de cette fiche produit :