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Le cannabidiol, communément appelé CBD, est un des cannabinoïdes présents dans le cannabis. Contrairement au THC, soit le cannabinoïde le plus connu (car le plus puissant) du cannabis, le CBD n’a pas d’effets psychoactifs. Il est décliné sous diverses formes, généralement en huile ou en gélules.

Selon le bulletin socio-épidémiologique d’Eurotox, 23,1% des belges sondé·es auraient déjà consommé des produits à base de CBD (chiffre de 2019). Au sein de ces usager·ères déclaré·es, nombreux·ses sont celles et ceux invoquant des motivations thérapeutiques.

Pour obtenir des informations concernant le cannabis, consultez notre page dédiée. Vous pouvez également en apprendre d’avantage sur le cannabis de synthèse en vous rendant sur cette page.

Autres appellations : cannabis légal, cannabis light, weed CBD, cannabis CBD

Attention, toutes les informations renseignées ici sont des notions théoriques qui ne remplaceront jamais un accompagnement professionnel. N’hésitez pas à contacter notre service d’accompagnement téléphonique au 02/227 52 52 pour toute demande d’information complémentaire ou personnalisée.

Le cannabidiol, ou généralement appelé CBD, est un cannabinoïde retrouvé à l’état naturel dans les fleurs de cannabis. Ses effets sont différents de ceux du THC : il n’a pas d’effet euphorisant, il n’a quasiment pas d’effet psychotrope et il ne semble pas avoir de potentiel addictogène. Il est même connu pour atténuer certains effets (anxiogènes et psychotiques) du THC.

Le CBD vendu sur Internet ou dans des boutiques spécialisées est proposé sous de nombreuses formes :

  • huile: diluée et sous forme de flacons avec des compte-gouttes,
  • gélules et poudre: peuvent être mélangées à divers aliments,
  • infusions et tisanes: souvent combiné à d’autres herbes,
  • e-liquides et inhalation,
  • consommation topique: crèmes, lotions, baumes et produits cosmétiques à appliquer directement sur la peau.

En Belgique, le chanvre et ses produits dérivés sont considérés comme légaux à condition qu’ils ne contiennent pas plus de 0,2% de THC (Tétrahydrocannabinol), le composé psychotrope du cannabis.

Les fleurs de chanvre riches en CBD et pauvres en THC (<0,2%) sont autorisées à la vente, mais sous certaines conditions strictes. Elles sont soumises aux accises et doivent avoir transité par un entrepôt fiscal. Les droits d’accises sont des impôts indirects qui touchent la consommation ou l’utilisation de certains produits, qu’ils soient fabriqués à l’intérieur du pays, qu’ils proviennent d’un État membre de l’Union européenne ou qu’ils soient importés d’un pays tiers à l’Union européenne. Les produits soumis à accises sont :

  • l’alcool et les boissons alcoolisées;
  • les produits énergétiques et l’électricité;
  • produits du tabac.

En Belgique, la fleur de chanvre est le seul produit contenant du CBD qui a été légitimé selon les autorités. Il est catégorisé comme « autre tabac à fumer ». Il est soumis à la même législation que le tabac (taxe, emballage, etc.).

La législation sur le CBD en Belgique est en constante évolution et il est important de se tenir informé des dernières mises à jour pour garantir la conformité aux réglementations en vigueur.

Attention, la durée de présence des produits dépend beaucoup de la durée de consommation, des doses, des fréquences et des paramètres physiologiques de la personne. Les informations ci-dessous sont donc à prendre avec précaution.

Le CBD ne fait pas l’objet de dépistage. Cependant, dans le cas d’une consommation régulière, une concentration de THC dans l’organisme peut être observée, et c’est ce THC qui peut être dépisté par un test urinaire, salivaire ou sanguin.

Pour rappel, voici les délais de dépistage pour des produits contenant une concentration importante de THC :

  • usage occasionnel : 6 à 8 heures
  • usage régulier (plus d’une fois par semaine) : jusqu’à 24 heures
  • usage intensif et quotidien : jusqu’à 8 jours

Le chanvre (dont le cannabis est une espèce) est une des premières plantes à avoir été domestiquée par l’homme pour ses propriétés horticoles (fabrication de textile) et psychotropes. On relate des usages psychotropes du cannabis depuis au moins 2700 ans av. J.-C. notamment en Asie.

Au XIXe siècle, le cannabis est étudié et utilisé en Occident pour ses vertus médicinales, notamment pour soulager les douleurs. Progressivement, des médecins s’y intéresse aussi dans le cadre de traitement des troubles mentaux. La plante est utilisée dans certaines préparations pharmacologiques jusque dans les années 1960.

Dans les années 40, un chimiste américain nommé Roger Adam effectua des recherches sur le cannabis. Il réussit à isoler le CBD, mais les outils d’analyse de l’époque étaient incapables de déterminer sa structure complète. C’est environ une vingtaine d’années plus tard, en 1963, que le chercheur en chimie Raphaël Mechoulam parvient à découvrir la structure exacte du CBD, puis à le synthétiser, ainsi que le THC. Ainsi, il a pu démontrer que le CBD, contrairement au THC, n’est pas psychoactif. À partir de là, de nombreuses études vont être faites, multipliant ainsi les découvertes sur les propriétés et les bienfaits du cannabidiol un peu partout dans le monde.

Bien que certains effets thérapeutiques aient été mis en avant grâce à certaines de ces études, l’industrie pharmaceutique n’y a investi jusqu’ici que peu d’intérêt. En France, deux médicaments à base de CBD sont autorisés à la vente mais seulement pour des traitements spécifiques : l’Epidiolex® indiqué pour certaines formes d’épilepsie, et le Sativex® (qui contient aussi du THC) pour la sclérose en plaques. Ce dernier est également disponible en Belgique. Depuis 2017, le CBD est considéré comme un médicament au Royaume-Uni, ce qui devrait favoriser le développement de nouveaux produits pharmaceutiques à base de cette molécule.

Les modes de consommation du CBD sont multiples.

Le CBD peut être ingéré :
– mélangé à l’alimentation (huile, teinture, cristaux et pâte de CBD)
– mis sous la langue sous formes de gouttes (huile, teinture, pâte de CBD)
– avalé (gélules/capsules et tous les produits alimentaires à base de CBD)

Le CBD peut être fumé sous forme de joint (cigarette avec du tabac et du cannabis qui contient beaucoup de CBD et très peu de THC).

Le CBD sous toutes ses formes peut être vaporisé à l’aide d’un vaporisateur, ou d’une cigarette électronique (il est porté à ébullition puis se transforme en particules gazeuses, c’est-à-dire en vapeur).

Il ne faut pas confondre le CBD avec le cannabis dans sa forme traditionnelle. En effet, le CBD est un constituant du cannabis, qui lui est composé de plusieurs autre cannabinoïdes (dont le THC) lui apportant ses effets planants. Pour en savoir plus sur le cannabis, consultez notre page dédiée.

Le cannabis ne doit pas non plus être confondu avec le cannabis de synthèse, qui se présente notamment sous forme d’herbes séchées dans des sachets métalliques ou de liquide de cigarette électronique. Le cannabis de synthèse est un produit fabriqué en laboratoire à partir de substances chimiques imitant les effets psychotropes du THC. Il ne contient donc pas de cannabis naturel. Pour en savoir plus sur le cannabis synthétique, consultez notre page dédiée.

Attention, les effets recherchés peuvent être différents des effets rencontrés. Ceux-ci peuvent être liés à l’état mental et physique de la personne, du contexte de consommation (stress, anxiété, en groupe ou seul, etc.) et/ou à la qualité du produit.

> Réduction des douleurs

 Le CBD aurait des effets bénéfiques pour réduire les douleurs.

> Réduction des nausées et vomissements

Il y a peu d’informations dans la littérature scientifique sur ce sujet.
La réduction des nausées et des vomissements dues à un traitement (comme la chimiothérapie) a été observée avec le Sativex® (mélange de THC et de CBD). Mais le rôle joué par le CBD reste peu clair.

> Traitement de l’épilepsie  

L’Epidiolex® est indiqué dans le traitement des convulsions de certaines formes d’épilepsie (syndrome de Lennox-Gastaut et syndrome de Dravet).

Il est également probable que l’on puisse démontrer l’efficacité du CBD dans d’autres formes d’épilepsie, mais actuellement, cela reste hypothétique faute d’études.

> Traitement ou prévention de certaines maladies chroniques et/ou neurodégénératives

L’efficacité du CBD pour prévenir ou traiter des maladies chroniques et/ou neurodégénératives est plus controversée.

Le CBD aurait des effets bénéfiques dans le traitement du cancer, d’Alzheimer, du diabète de type I et II, de Parkinson, de la chorée de Huntington (maladie neurodégénérative), de l’arthrite et d’autres troubles cérébraux ou inflammations.

Mais des études complémentaires sont nécessaires pour confirmer ou non ces premiers résultats.

> Effets antidépresseurs

Sur ce sujet, les études sont contradictoires. Des études complémentaires sont donc nécessaires.

> Schizophrénie

Une certaine efficacité a été observée dans le traitement des patients souffrant de schizophrénie, notamment en diminuant les symptômes associés à la maladie (hallucinations, délire, agitation, troubles cognitifs et psychomoteurs).

> Traitement des addictions

Le CBD semble être utile pour l’aide à l’arrêt de substances, mais il existe encore trop peu d’études sur ce sujet pour tirer des conclusions claires.

Chez les personnes dépendantes aux stimulants, au cannabis, au tabac, à l’alcool ou aux opioïdes, la prise de CBD pourrait entraîner une diminution de la consommation. Ses effets anxiolytiques diminueraient le stress et l’anxiété liés au manque.

> Réduction du stress, de l’anxiété, et des troubles du sommeil

Certaines études ont montré que le CBD peut être efficace dans la diminution de l’anxiété et des troubles du sommeil, mais d’autres études contredisent ces résultats. Des études complémentaires sont donc nécessaires.

> Effet placebo

Chez certains usagers de produits à base de CBD, il est possible que les effets ressentis soient liés à un effet placebo.

Chez ces personnes, et plus généralement chez les usagers qui veulent s’occuper de leur santé ou agir activement contre la maladie ou ses symptômes, le bilan de leur usage de CBD peut ainsi être positif.

Durée des effets :

Ingéré : Les effets apparaissent en différé, jusqu’à 1 heure après l’ingestion.

Ils sont moins intenses qu’avec les autres modes de consommation mais ils durent plus longtemps, en moyenne entre 3 et 6 heures.

En sublingual : Les effets apparaissent en 5 à 20 minutes. La durée d’action est de 2 à 3 heures.

Fumé : Les effets apparaissent en 5 à 15 minutes. La durée d’action est en moyenne de 1 à 2 heures.

Vaporisé : La vapeur est aspirée en une fois et procure un effet immédiat. La durée d’action est de 2 à 3 heures.

Attention, dans le cadre d’une consommation chronique, les effets peuvent changer. Certains effets peuvent s’atténuer ou s’intensifier, tandis que d’autres peuvent disparaître ou apparaître. Les nouveaux effets rencontrés peuvent s’approcher des effets recherchés initialement ou justement s’en éloigner.

Les effets secondaires du CBD restent encore peu étudiés.

En l’état actuel des connaissances, les effets secondaires du CBD observés sont :

•    sédation, somnolence
•    fatigue
•    diarrhées
•    nausées, vomissements
•    modifications de l’appétit et du poids
•    fièvre

Dans certains cas très rares, certaines personnes peuvent ressentir les effets indésirables suivants :

•    état de confusion
•    étourdissements
•    chute de tension artérielle

Les risques liés à l’usage de CBD sont encore mal connus car peu étudiés.

En l’état actuel des connaissances, voici les principaux risques observés :

  • Le CBD peut être toxique pour le foie 
  • Le CBD peut entraîner des interactions graves avec certains médicaments (voir le paragraphe interactions)

Pour les produits à base de CBD vendus sur internet, il faut ajouter les risques suivants :

  • La qualité et la sécurité des médicaments à base de CBD vendus hors du circuit légal n’est pas garantie et expose à des risques graves.
  • Les teneurs en THC annoncées dans les produits à base de CBD ne sont pas toujours fiables.
  • La pureté des produits à base de CBD n’est pas garantie (présence d’autres molécules…).
  • Les taux de CBD annoncés ne sont pas garantis.

Interactions

> LE CBD PRIS AVEC DES MEDICAMENTS PEUT MODIFIER LA CONCENTRATION DE CES MEDICAMENTS

Il est donc important d’éviter toute automédication par le CBD lorsqu’on est sous traitement médicamenteux.

• CBD et médicaments contre l’épilepsie (clobazam, acide valproïque)

La consommation de CBD et de clobazam multiplie par trois les concentrations de clobazam, ce qui peut entraîner un surdosage avec risque de somnolence, voire un coma.

La consommation de CBD et d’acide valproïque peut être toxique pour le foie.

• CBD et immunosuppresseur (tacrolimus)

L’utilisation conjointe de tacrolimus (immunosuppresseur utilisé chez les personnes ayant subi une greffe) et de CBD peut entrainer une augmentation de la toxicité du tacrolimus.

• CBD et anticoagulant (warfarine, Coumadine®)

Le CBD pris lors d’un traitement à la warfarine (Coumadine®) peut fausser les dosages d’anticoagulant.

> LES CONCENTRATIONS DE CBD PEUVENT ETRE AUGMENTEES PAR DES MEDICAMENTS

Lorsque le CBD est pris en association avec certains médicaments (voir la liste ci-dessous), les taux de CBD dans l’organisme peuvent augmenter et entraîner des effets indésirables : somnolence, élévation des transaminases.

  • Antifongique (Kétoconazole®, Ketoderm®, Nizoral®)
  • Antibiotiques macrolides (azithromycine, clarithromycine, Josacine®, Zeclar®, Zithromax®, Egéry®, Rulid®…)
  • Vérapamil® (vasodilatateur)
  • Méthadone

Surdosage

La surdose de CBD n’entraîne pas de risque grave. Elle se traduit par une sensation d’engourdissement et de raideur musculaire.  

  1. Eviter de prendre du CBD lorsque l’on prend un traitement médical. Il existe des risques d’interactions graves.
  2. CBD vendu hors cadre légal : Il est impossible d’avoir des garanties pour savoir si les dosages sont conformes à ce qui est annoncé sur le site de vente ou sur l’emballage (taux de CBD, taux de THC, molécules présentes…)
  3. Préférer la vaporisation au joint : Le produit n’étant pas exposé à une flamme, il n’y a pas de combustion. La fumée qui émane de la vaporisation ne contient aucun produit toxique et ne  présente donc pas de risque pour le système respiratoire, contrairement au joint.
  4. Lorsque l’on vapote du CBD, il est important de choisir des e-liquides de qualité, auprès de fabricants qui garantissent une haute pureté en CBD et l’absence de THC ou d’autres substances dans leurs liquides.

Il existe de multiples définitions de la dépendance et il existe presque autant de types de dépendance qu’il y a de personnes dépendantes. Pour chaque produit et/ou comportement addictif, certaines personnes pourront ressentir certains symptômes de la dépendance, ou non. Chaque situation sera donc toujours particulière. N’hésitez jamais à solliciter un accompagnement professionnel.

En l’état actuel des connaissances, le CBD ne semble pas avoir de potentiel addictogène, et il n’entraîne pas de tolérance, même à forte dose.

Les informations référencées ici sont, pour la plupart, issues de l’expérience des travailleurs d’Infor Drogues & Addictions et des échanges avec des consommateurs, des professionnels de différents secteurs ou d’autres institutions actives dans le domaine des addictions (notamment celles membres de la féda).

Toutefois, certaines informations ont nécessité d’être vérifiées ou complétées par des sources externes afin de garantir la véracité de l’ensemble du contenu repris ici. Voici les références supplémentaire utilisées pour l’élaboration de cette fiche produit :