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Le cannabis de synthèse (ou les cannabinoïdes de synthèse) est une substance chimique fabriquée pour imiter les effets psychoactifs du cannabis, plus principalement du THC. Il ne contient donc pas de cannabis naturel.

Pour obtenir des informations concernant le cannabis dans sa forme naturelle, consultez notre page dédiée. Vous pouvez également en apprendre d’avantage sur le CBD en vous rendant sur cette page.

Commercialisé sous forme de liquide pour cigarettes électroniques ou de mélanges de plantes séchées, le cannabis de synthèse est essentiellement fumé.

Autres appellations : PTC (pète ton crâne), Buddha Blue, Spleen, Spice, Spice Gold, Spice Silver, Spice, Genie, Algerian Blend, etc.

Attention, toutes les informations renseignées ici sont des notions théoriques qui ne remplaceront jamais un accompagnement professionnel. N’hésitez pas à contacter notre service d’accompagnement téléphonique au 02/227 52 52 pour toute demande d’information complémentaire ou personnalisée.

Contrairement au cannabis qui est issu d’une plante, le cannabis de synthèse (ou cannabinoïdes de synthèse) est une substance chimique synthétisée en laboratoire. Il ne contient pas de THC (qui est le principe actif du cannabis), mais des molécules qui imitent les effets du cannabis naturel. Les cannabinoïdes de synthèse sont divisés en sept groupes structuraux principaux, chacun possédant des composés différents même si les effets sont toujours assez similaires.

Le cannabis de synthèse se présente le plus souvent sous forme d’un mélange de plantes séchées (conditionné dans un petit sachet métallique) sur lesquelles une solution de cannabinoïdes de synthèse a été pulvérisée. Il peut également être vendu sous forme d’encens, de poudre ou de liquide pour cigarette électronique. La mention « Not for human consumption » (non destiné à la consommation humaine) est alors souvent indiquée.

Appellations : PTC (pète ton crâne), Buddha Blue, Spleen, Spice Gold, Spice Silver, Spice, Genie, Algerian Blend, etc.

Les cannabinoïdes de synthèse ont été produits pour tenter de contourner l’interdiction du cannabis par la loi du 24 février 1921. Ils permettraient une alternative « légale » au cannabis. Cependant, puisqu’ils sont considérés comme des nouvelles substances psychoactives, leur production, leur vente et leur consommation sont interdites en vertu de l’arrêté royal du 6 septembre 2017. Il faut toutefois noter que c’est l’interdiction de certaines molécules qui les rend illégaux (ou moins accessibles) et que par essence, il s’agit d’une famille en constante évolution dont la structure chimique change régulièrement.

Pour obtenir d’avantage d’informations sur la législation, consultez notre page dédiée.

Attention, la durée de présence des produits dépend beaucoup de la durée de consommation, des doses, des fréquences et des paramètres physiologiques de la personne. Les informations ci-dessous sont donc à prendre avec précaution.

Le cannabis de synthèse n’est pas visé par les tests de dépistage classiques. Il existe cependant des tests de dépistage spécifiques, comme un test urinaire pouvant détecter des molécules retrouvées dans certaines familles de cannabis de synthèse jusqu’à 2 à 3 jours après la prise.

Les recherches scientifiques sur les cannabinoïdes de synthèse sont directement liées à celles portant sur les cannabinoïdes naturels. Pour en savoir plus sur l’origine du cannabis, consultez notre page dédiée.

Depuis les découvertes du chercheur en chimie Raphaël Mechoulam sur les différentes composantes du cannabis,  la recherche a identifié un éventail très large de cannabinoïdes naturels. Ces molécules, présentes en quantités variables dans le cannabis, jouent un rôle clé dans la modulation de notre humeur, de notre perception de la douleur et même de notre système immunitaire. Mais la science ne s’est pas arrêtée là: en laboratoire, des centaines de cannabinoïdes synthétiques ont été élaborés pour imiter – voire surpasser – l’activité des composés naturels.

Les première études autour du cannabis de synthèse remontent aux années 1930. En 1984, le professeur en chimie John W. Huffman et son équipe de chercheur·euses ont commencé à synthétiser des composés de cannabinoïde avec les propriétés du THC à des fins médicales. Sur 40 ans, leur travail a permis de développer plus de 400 composés de cannabinoïdes synthétiques, utilisés comme agents thérapeutiques potentiels, souvent pour le traitement de la douleur. Cependant, il s’est avéré difficile d’isoler les propriétés thérapeutiques des effets psychoactifs non désirés.

Le cannabis de synthèse et ses nombreux dérivés sont présents sur le marché depuis la fin des années 2000. Aujourd’hui encore, de nouveaux composés continuent à être régulièrement développés.

On trouve les cannabinoïdes de synthèse sous forme de liquide pour cigarette électronique ou sous forme de poudre diluée et pulvérisée sur des feuilles de plantes séchées, ensuite enroulée dans du papier à tabac et fumée. Plus rarement, ils peuvent être diffusés dans l’air comme de l’encens.

Le cannabis synthétique, une substance produite en laboratoire, n’est pas à confondre avec le cannabis naturel, extrait d’une plante. En effet, ils n’ont ni le même goût, ni la même composition, ni les mêmes effets. La plante de cannabis produit +/- 80 cannabinoïdes différents, chacun ayant des propriétés et des dosages différents. Quand la plante est fumée, ce sont donc toutes ces substances qui sont consommées simultanément. Par opposition, fumer du cannabis synthétique, c’est ne prendre qu’une seule substance. Il est potentiellement plus dangereux car difficile à doser et comprenant une substance active parfois inconnue.

Il ne faut pas non plus confondre les liquides pour cigarettes électroniques contenant du cannabis avec ceux, plus répandus, contenant uniquement de la nicotine et des arômes.

Attention, les effets recherchés peuvent être différents des effets rencontrés. Ceux-ci peuvent être liés à l’état mental et physique de la personne, du contexte de consommation (stress, anxiété, en groupe ou seul, etc.) et/ou à la qualité du produit.

Le cannabis de synthèse contient des molécules chimiques qui imitent les effets du THC contenu dans le cannabis naturel. Les effets les plus souvent évoqués sont:

  • sentiment de détente et de bien-être,
  •  euphorie,
  •  intensification des perceptions sensorielles,
  •  modification de l’appréciation du temps et de l’espace,
  •  impression de « planer »,
  • hallucinations,
  • rougeurs du visage et des yeux, bouche sèche,
  • vomissements,
  • anxiété, irritabilité, agitation.

Contrairement au cannabis naturel, le cannabis de synthèse ne contient pas de cannabidiol, un cannabinoïde qui atténue les effets indésirables du cannabis. Les effets indésirables, en particulier les effets psychiques, seront donc plus forts.

Attention, dans le cadre d’une consommation chronique, les effets peuvent changer. Certains effets peuvent s’atténuer ou s’intensifier, tandis que d’autres peuvent disparaître ou apparaître. Les nouveaux effets rencontrés peuvent s’approcher des effets recherchés initialement ou justement s’en éloigner.

Les effets à moyen ou à long terme du cannabis de synthèse sont similaires à ceux du cannabis naturel, à la différence près que le cannabis de synthèse ne contient pas de cannabidiol, un cannabinoïde qui atténue les effets indésirables du cannabis naturel. Les effets indésirables seront donc plus forts.

En cas de consommation à moyen ou long terme, le cannabis de synthèse entraîne une diminution de la concentration et une altération de la mémoire à court terme. Ces effets sont cependant réversibles après un arrêt à court terme de la consommation.

Le cannabis de synthèse peut induire un syndrome amotivationnel. Certaines études mettent en avant un lien entre perte de motivation et consommation de cannabis, même si des désaccords existent quant au lien direct entre la consommation du produit et l’apparition du syndrome amotivationnel.

Si à court terme, le cannabis de synthèse stimule la faim, à long terme, il brouille les signaux naturel. La consommation régulière peut donc perturber la faim et la satiété (dérèglement de l’appétit).

En cas de consommation avant l’âge adulte, le cannabis de synthèse peut induire une baisse de QI (quotient intellectuel).

Les risques les plus fréquemment cités sont:

  • surdose pouvant entraîner le décès,
  • troubles psychiatriques de type attaques de panique, paranoïa,
  • auto agressivité pouvant aller jusqu’à des idées suicidaires,
  • hypertension artérielle,
  • convulsions, perte de connaissance,
  • troubles du rythme cardiaque (palpitations, accélération du rythme cardiaque, douleurs thoraciques, infarctus du myocarde),
  • insuffisances rénales aigües.
  1. La puissance des cannabinoïdes et des différentes préparations sont très variables. N’augmentez les doses qu’avec précaution, donnez-vous du temps pour que les effets des doses précédentes s’estompent.
  2. Renseignez-vous sur les produits, les effets, les doses et les voies d’administration avant toute prise. Attention, la description du contenu sur l’emballage peut parfois ne pas correspondre avec le véritable contenu.
  3. Les cannabinoïdes synthétiques peuvent exacerber l’anxiété et la paranoïa. Consommez dans un environnement dans lequel vous vous sentez en sécurité, avec des gens en qui vous avez confiance et qui pourront vous aider en cas de problème.   
  4. Évitez de consommer en cas de mauvaise tolérance au cannabis naturel.
  5. Soyez très prudent·e  lors  de   la  consommation  de  cannabinoïdes  de synthèse  présentés  sous  forme  de  poudre  car  ils  vous  exposent  davantage  au  risque  d’overdose. Leur  dosage  exige  en  effet  une  balance  de  précision  (milligramme  au  minimum) et la nature du produit exige une prise par voie orale.    
  6. Évitez de consommer ces  produits en association avec d’autres substances, en particulier d’autres formes de cannabis, de l’alcool ou des stimulants. 
  7. Évitez de consommer ces produits si vous avez des antécédents cardiaques, rénaux ou psychiatriques.
  8. Évitez de  consommer ces produits de manière régulière. Nous n’avons aucun recul concernant les risques liés à une consommation répétée.
  9. Soyez très prudent·e sur l’utilisation de cannabinoïdes dans des bangs ou des pipes à eau. Il est plus difficile de réguler la prise et facile d’en prendre trop.
  10. En cas de période prolongée de battements du cœur rapide ou de douleurs thoraciques, appelez les secours (112).
  11. Ne prenez pas le volant après avoir consommé.

Il existe de multiples définitions de la dépendance et il existe presque autant de types de dépendance qu’il y a de personnes dépendantes. Pour chaque produit et/ou comportement addictif, certaines personnes pourront ressentir certains symptômes de la dépendance, ou non. Chaque situation sera donc toujours particulière. N’hésitez jamais à solliciter un accompagnement professionnel.

Les cannabinoïdes de synthèse étant plus puissants et concentrés que le cannabis naturel, ils ont tendance à provoquer une tolérance et une dépendance plus forte et plus rapide. Comme leur composition est incertaine, il est plus difficile d’estimer son potentiel de dangerosité, de tolérance et de dépendance.

Les scientifiques sont aujourd’hui d’accord sur le fait que la tolérance au cannabis naturel se développe lors d’un usage régulier (quotidien) et prolongé. Plus la consommation est fréquente et plus la teneur en THC est forte, plus la tolérance sera importante et rapide. Il s’agit du produit auquel l’accoutumance se développe le plus rapidement, avec le tabac. Il en va de même pour le cannabis de synthèse.

En cas de consommation de cannabis avec du tabac, même sans consommation de tabac seul en parallèle, une dépendance au tabac risque également de se développer. Dans ce cas, les effets du sevrage du tabac se feront ressentir en cas d’arrêt de la consommation de cannabis. Il est conseillé de continuer à consommer des cigarettes dans un premier temps (pendant au moins un mois) ou d’utiliser des patchs nicotine.

On observe souvent des symptômes physiques de sevrage du cannabis de synthèse après l’arrêt de la consommation, mais il est difficile de distinguer ces symptômes de ceux liés à l’état mental de la personne. Si cette dernière consommait pour se relaxer, l’arrêt de la consommation la rendra plus stressée, ce qui va accélérer son métabolisme et plus facilement provoquer des nausées ou diarrhées liées à l’angoisse. Ces symptômes apparaissent entre un et plusieurs jours après la consommation et peuvent durer une à deux semaines. Des troubles du sommeil peuvent subsister jusqu’à 30 jours après l’arrêt.

Les informations référencées ici sont, pour la plupart, issues de l’expérience des travailleurs d’Infor Drogues & Addictions et des échanges avec des consommateurs, des professionnels de différents secteurs ou d’autres institutions actives dans le domaine des addictions (notamment celles membres de la féda).

Toutefois, certaines informations ont nécessité d’être vérifiées ou complétées par des sources externes afin de garantir la véracité de l’ensemble du contenu repris ici. Voici les références supplémentaire utilisées pour l’élaboration de cette fiche produit :