
Le cannabis de synthèse est une substance chimique fabriquée pour ses effets psychotropes plus ou moins similaires à ceux du THC. Il est vendu sous la forme d’herbes ou de feuilles sur lesquelles on a pulvérisé le produit synthétique. Sa commercialisation se fait en général en petits sachets vendus sous le nom de Spice sensé être utilisé comme encens.
Le cannabis synthétique doit son existence à l’interdiction du cannabis naturel auquel il propose une alternative ‘légale’ même si cette dernière augmente le risque pour la santé.
Pour obtenir des informations concernant le cannabis, consultez notre page dédiée. Vous pouvez également en apprendre d’avantage sur le CBD en vous rendant sur cette page.
Autres appellations : PTC (pète ton crâne), Buddha Blue, Spleen, Spice, HHC, HHCO, HHCP, THCP, THCPO, MDMB-4en-PINACA, CP-47, 497-C8, JWH-018, HU-201, AM-630, UR-144…
Attention, toutes les informations renseignées ici sont des notions théoriques qui ne remplaceront jamais un accompagnement professionnel. N’hésitez pas à contacter notre service d’accompagnement téléphonique au 02/227 52 52 pour toute demande d’information complémentaire ou personnalisée.
Contrairement au cannabis qui est issu d’une plante, le cannabis de synthèse (ou cannabinoïdes de synthèse) est une substance chimique. Il ne contient pas de THC (le principe actif du cannabis), mais des molécules qui imitent les effets du cannabis.
Le cannabis de synthèse se présente le plus souvent sous forme d’un mélange de plantes séchées (conditionné dans un petit sachet métallique) sur lesquelles une solution de cannabinoïdes de synthèse a été pulvérisée. Il peut également être vendu sous forme d’encens, de poudre ou d’e-liquide pour cigarette électronique. Mais la concentration en principe actif est souvent telle que le dosage reste très difficile. Ils portent toujours la mention « Not for human consumption » (non destiné à la consommation humaine).
Les cannabinoïdes de synthèse sont divisés en sept groupes structuraux principaux :
- Les naphthoylindoles (par exemple JWH-018, JWH-073 et JWH-398)
- Les naphthylméthylindoles
- Les naphthoylpyrroles
- Les naphthylméthylindènes
- Les phénylacétylindoles (c’est à dire les benzoylindoles, par exemple JWH-250)
- Les cyclohexylphénols (par exemple CP 47,497 et les homologues de CP 47,497)
- Les cannabinoïdes classiques (par exemple HU-210)
Appellations : PTC (pète ton crâne), Buddha Blue, Spleen, Spice, HHC, HHCO, HHCP, THCP, THCPO, MDMB-4en-PINACA, CP-47, 497-C8, JWH-018, HU-201, AM-630, UR-144…
Aucun des cannabinoïdes de synthèse n’est sous contrôle international en vertu de la Convention des Nations unies sur les drogues, mais JWH-018, JWH-073, HU-210, et CP 47,497 (ainsi que les homologues C6, C8 et C9) sont des drogues répertoriées dans certains États membres.
Les pays suivants contrôlent le «Spice» et/ou d’autres cannabinoïdes de synthèse: le Danemark, l’Allemagne, l’Estonie, la France, l’Irlande, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, Le Luxembourg, l’Autriche, la Pologne, la Roumanie, la Suède et le Royaume-Uni.
En Pologne, JWH-018 et certains des constituants revendiqués de «Spice» sont des substances contrôlées. En Allemagne, un règlement accéléré contrôle JWH-018 et CP 47,497. En Autriche, en Estonie, et en France, JWH-018, HU-210, et CP 47,497 sont des drogues répertoriées; outre celles-ci, en Suède et en Lituanie, JWH-073 est également classé comme narcotique. Le Luxembourg semble avoir adopté une approche analogue en se référant aux agonistes synthétiques des récepteurs cannabinoïdes. Le Royaume-Uni a adopté des définitions génériques et devrait introduire prochainement des mesures de contrôle pour une large gamme de cannabinoïdes de synthèse. D’autres États membres de l’Union européenne considèrent également l’adoption de mesures de contrôle.
Afin de lutter contre la vente et l’achat des nouvelles substances psychoactives dont font partie les cannabinoïdes de synthèse, de nombreux pays, dont la Belgique, ont mis en place des législations génériques. La finalité d’une classification générique est de pouvoir interdire un ensemble de produits ayant une structure chimique partiellement commune. L’intérêt est de dispenser le législateur de devoir continuellement identifier et ajouter de nouveaux produits à la liste des substances interdites, une démarche dispendieuse en procédures et en temps, qui laisse la possibilité aux producteurs et aux revendeurs de NSP de les écouler sans risque sur le plan légal pendant toute la durée qui précède leur interdiction. La loi du 7 février 2014 modifiant la loi du 21 février 1921 a ainsi introduit la possibilité d’établir une classification générique des substances soumises aux règles et aux contrôles visés par la loi de 1921. L’arrêté royal du 6 septembre 2017 établit ensuite le détail technique de cette classification. Il faut cependant préciser que l’arrêté royal n’englobe pas ni n’anticipe toutes substances susceptibles d’être créées ou mises sur le marché. Certains ajouts sont dès lors encore nécessaires.
Attention, la durée de présence des produits dépend beaucoup de la durée de consommation, des doses, des fréquences et des paramètres physiologiques de la personne. Les informations ci-dessous sont donc à prendre avec précaution.
Le cannabis de synthèse n’est pas dépisté par les tests de dépistage classiques. Il existe cependant des tests de dépistage spécifiques, comme un test urinaire pouvant détecter des molécules retrouvées dans certaines familles de cannabis de synthèse jusqu’à 2 à 3 jours après la prise.
Les recherches scientifiques sur les cannabinoïdes de synthèse sont directement liées à celles portant sur les cannabinoïdes naturels. Pour en savoir plus sur l’origine du cannabis, consultez notre page dédiée. Depuis les découvertes du chercheur en chimie Raphaël Mechoulam sur les différentes composantes du cannabis, la recherche a identifié un éventail très large de cannabinoïdes naturels. Ces molécules, présentes en quantités variables dans le cannabis, jouent un rôle clé dans la modulation de notre humeur, de notre perception de la douleur et même de notre système immunitaire. Mais la science ne s’est pas arrêtée là : en laboratoire, des centaines de cannabinoïdes synthétiques ont été élaborés pour imiter – voire surpasser – l’activité des composés naturels.
Désignés de façon plus correcte par le terme d’agonistes des récepteurs cannabinoïdes, ils ont été développés au cours des 40 dernières années comme agents thérapeutiques potentiels, souvent pour le traitement de la douleur. Cependant, il s’est avéré difficile d’isoler les propriétés thérapeutiques des effets psychoactifs non désirés.
Le cannabis de synthèse est le plus souvent fumé. Cependant, certaines sources suggèrent que le «Spice» pourrait être consommé sous forme d’infusion.
Le cannabis synthétique, une substance produite en laboratoire, n’est pas à confondre avec le cannabis naturel, extrait d’une plante. En effet, ils n’ont ni le même goût, ni la même composition, ni les mêmes effets. La plante de cannabis produit +/- 80 cannabinoïdes différents. Chacun d’eux ayant des propriétés et des dosages différents. Quand la plante est fumée, ce sont donc toutes ces substances qui sont consommées simultanément. Par opposition, fumer du cannabis synthétique, c’est ne prendre qu’une seule substance. Il est potentiellement plus dangereux car difficile à doser et comprenant une substance active parfois inconnue.
Pour en savoir plus sur le cannabis, consultez notre page dédiée.
Attention, les effets recherchés peuvent être différents des effets rencontrés. Ceux-ci peuvent être liés à l’état mental et physique de la personne, du contexte de consommation (stress, anxiété, en groupe ou seul, etc.) et/ou à la qualité du produit.
L’intensité des effets varie selon chaque personne, le contexte dans lequel elle consomme, la quantité et la qualité du produit consommé.
Le cannabis de synthèse contient des molécules chimiques qui imitent les effets du THC contenu dans le cannabis naturel. Les effets le plus souvent évoqués sont :
- sentiment de détente et de bien-être
- euphorie
- intensification des perceptions sensorielles (les sons, les images et les sensations tactiles gagnent en intensité et en finesse)
- modification de l’appréciation du temps et de l’espace
- impression de « planer ».
Attention, dans le cadre d’une consommation chronique, les effets peuvent changer. Certains effets peuvent s’atténuer ou s’intensifier, tandis que d’autres peuvent disparaître ou apparaître. Les nouveaux effets rencontrés peuvent s’approcher des effets recherchés initialement ou justement s’en éloigner.
L’intensité des effets varie selon chaque personne, le contexte dans lequel elle consomme, la quantité et la qualité de produit consommé. Attention, la teneur en produit psychoactif est très différente d’un lot à l’autre. L’intensité des effets est donc très variable et non prédictible.
Les effets les plus fréquents sont :
- hallucinations
- rougeurs du visage et des yeux, bouche sèche
- vomissements
- anxiété, irritabilité, agitation.
Attention : Le cannabis de synthèse est plus puissant, plus dangereux et plus addictif que le cannabis naturel.
En fonction du produit consommé, la puissance d’effet peut être jusqu’à 200 fois supérieure à celle du cannabis naturel.
Le risque de surdose est particulièrement élevé alors qu’il n’existe pas avec le cannabis naturel.
Contrairement au cannabis naturel, le cannabis de synthèse ne contient pas de cannabidiol, un cannabinoïde qui atténue les effets indésirables du cannabis. Les effets indésirables, en particulier les effets psychiques, seront donc plus forts.
Les risques les plus fréquents sont :
- surdose pouvant entraîner le décès (En raison de la difficulté de fabriquer un mélange homogène entre les substances chimiques et les substances végétales, la concentration en produit psychoactif est très aléatoire d’un lot à l’autre. Certains lots peuvent être très concentrés, au point d’entraîner une surdose. De plus certains cannabinoïdes de synthèse peuvent rester très longtemps dans l’organisme, ce qui augmente également les risques de surdosage).
- troubles psychiatriques de type attaques de panique, paranoïa,
- auto agressivité pouvant aller jusqu’à des idées suicidaires
- hypertension artérielle
- convulsions, perte de connaissance
- troubles du rythme cardiaque (palpitations, accélération du rythme cardiaque, douleurs thoraciques, infarctus du myocarde)
- insuffisances rénales aigües.
- N’augmenter les doses qu’avec précaution, donnez-vous du temps pour que les effets des doses précédentes s’estompent.
- Consommer dans un environnement dans lequel vous vous sentez en sécurité, avec des gens en qui vous avez confiance et qui pourront vous aider en cas de problème.
- Éviter de consommer en cas de mauvaise tolérance au cannabis naturel.
- Etre très prudent lors de la consommation de cannabinoïdes de synthèse présentés sous forme de poudre car ils vous exposent davantage au risque d’overdose : leur dosage exige en effet une balance de précision (milligramme au minimum) et la nature du produit exige une prise par voie orale.
- Eviter de consommer ces produits en association avec d’autres substances , en particulier d’autres formes de cannabis, de l’alcool ou des stimulants. Un grand nombre d’intoxications et décès impliquent de la polyconsommation.
- Eviter de consommer ces produits si vous avez des antécédents cardiaques, rénaux ou psychiatriques.
- Eviter de consommer ces produits de manière régulière, nous n’avons aucun recul concernant les risques liés à une consommation répétée.
- Etre très prudent sur l’utilisation de cannabinoïdes dans des bangs ou des pipes à eau : il est plus difficile de réguler la prise et facile d’en prendre trop.
- En cas de période prolongée de battement du cœur rapide ou de douleurs thoraciques, appeler les secours (18 ou 112).
- Ne pas prendre le volant après avoir consommé.
Il existe de multiples définitions de la dépendance et il existe presque autant de types de dépendance qu’il y a de personnes dépendantes. Pour chaque produit et/ou comportement addictif, certaines personnes pourront ressentir certains symptômes de la dépendance, ou non. Chaque situation sera donc toujours particulière. N’hésitez jamais à solliciter un accompagnement professionnel.
La consommation régulière entraîne assez rapidement l’usager à augmenter les doses consommées pour obtenir les mêmes effets (tolérance).
Une dépendance s’installe : des symptômes de sevrage apparaissent à l’arrêt, et les tentatives d’arrêt de la consommation sont infructueuses en dépit de la connaissance de ses effets négatifs.
Les symptômes de sevrage sont les suivants :
• craving
• irritabilité
• agitation
• humeur maniaque
• insomnie
• tachycardie
• sueurs
• tremblements
• vomissements
• crises convulsives
• augmentation de l’appétit
Chez les usagers quotidiens de cannabis de synthèse, ces symptômes apparaissent une à deux heures après la dernière prise, et durent entre 5 jours et une semaine.
Les informations référencées ici sont, pour la plupart, issues de l’expérience des travailleurs d’Infor Drogues & Addictions et des échanges avec des consommateurs, des professionnels de différents secteurs ou d’autres institutions actives dans le domaine des addictions (notamment celles membres de la féda).
Toutefois, certaines informations ont nécessité d’être vérifiées ou complétées par des sources externes afin de garantir la véracité de l’ensemble du contenu repris ici. Voici les références supplémentaire utilisées pour l’élaboration de cette fiche produit :
- Le dico des drogues de Drogues-Info-Service : Cannabis de synthèse
- Le cannabis synthétique, késako ? , Infor Drogues & Addictions
- Cannabinoïdes de synthèse : fiche drogue, European Union Drugs Agency (EUDA)
- Bulletin socio-épidémiologique 2024 Bruxelles : Le cannabis et ses produits dérivés, Eurotox
- Chronologie et histoire scientifique des cannabinoïdes, La Verte Feuille
