Chemsex

Depuis le début des années 2000, nous recevons des demandes relatives à l’usage sexualisé des drogues. De bouche à oreille, nous sommes progressivement devenu un lieu de relais privilégié pour cette thématique. Les demandes se sont multipliées au fil des années jusqu’à exploser pendant la pandémie de Covid-19. Nous avons donc mis en place un accompagnement spécialisé avec différents partenaires. Une trentaine de personnes usagères sont ainsi accompagnées annuellement depuis 2020, dont un tiers sont des nouvelles demandes chaque année.

Ces consultations sont aujourd’hui proposées par Maurizio Ferrara, psychologue à Infor Drogues & Addictions depuis 2001, dans nos locaux et dans ceux de Modus Vivendi. Nous participons également à des formations conjointes avec nos partenaires du secteur, nous sommes membres du Réseau Bruxellois sur le Chemsex et faisons office de partenaire privilégié pour les relais via le groupe de parole organisé par Ex-Aequo.

Le chemsex, c’est quoi ?

Le chemsex est un terme anglais qui vient de la contraction de « chemical » et « sex ».

Il s’agit d’une pratique qui consiste à intensifier et à prolonger les rapports sexuels en consommant certaines substances appelées « chems » (principalement le GHB, les amphétamines, la méthamphétamine et les cathinones)

Un peu d’histoire…

Le chemsex est apparu dans la culture gay anglo-saxone à la fin des années 1990 et au début des années 2000.

Contrairement à la pensée commune, le public est peu homogène : jeunes ou moins jeunes, riches ou plus précarisés, personnes travaillant ou non, etc., mais souvent avec deux choses en commun: un sentiment de solitude et une difficulté à se projeter dans l’avenir.

L’importance des applis de rencontre

Le chemsex peut se pratiquer seul·e, mais il se pratique aussi et surtout à plusieurs. Il est le plus souvent associé à un contexte de rencontre bien précis: les applications de rencontre.

Les personnes usagères vont facilement y trouver des partenaires sexuels, mais aussi s’y procurer les produits. Les applis permettent de se connecter rapidement et participent ainsi à la dépendance.

Et quid de l’addiction ?

On observe souvent une polydépendance croisée: produits multiples, pratiques sexuelles intenses, réseaux sociaux, pornographie et applis.

Toutefois, cela ne signifie pas qu’une personne qui pratique le chemsex a forcément besoin d’une aide pour contrôler sa consommation. Certains individus sont capables de faire de longues périodes d’arrêt lorsque c’est nécessaire.

Pour en savoir plus, lire aussi: Chemsex: Comment accompagner le public en demande d’aide

Vous pouvez aussi trouver un service d’aide, des groupes de paroles et davantage d’informations auprès de l’asbl Ex Aequo en suivant ce lien ou via WhatsApp au +32 456 351 54 4. Le site chemsex.be référence également de nombreuses informations sur le sujet.