FAQ

Questions fréquentes

Oui, les travailleur·euses d’Infor Drogues & Addictions sont tous et toutes des professionnel·les sous contrat. Leurs savoirs et leurs compétences garantissent la qualité du travail fourni.

Oui, autant sur les produits légaux qu’illégaux. Notre site dispose de renseignements sur beaucoup de produits, consultez-les icihttps://infordrogues.be/informations/produits/. Nous nous tenons disponibles pour tout complément d’information.

Non, la dépendance peut exister par rapport à un produit dit « drogue », mais aussi par rapport à des comportements (exemple : jouer aux jeux vidéos, participer à des paris, …). Ces comportements peuvent être abordés en consultation avec les travailleur·euses d’Infor Drogues & Addictions.

Non, il n’y a pas de médecin dans notre équipe. Dès lors, nous ne sommes pas en mesure de prescrire un traitement de substitution ou tout autre médicament. Néanmoins, la permanence téléphonique peut vous orienter vers un service médical ou un médecin compétent.

Par contre, nous pouvons soutenir les personnes en traitement méthadone ou subutex, ainsi que leurs proches si cela s’avère nécessaire.

Non, Infor Drogues & Addictions est un service de consultation psychologique et sociale. Les cures avec hébergement ne s’y font donc pas. Par contre, nous accompagnons les personnes avant et après une cure de désintoxication à l’hôpital ou en centre de traitement résidentiel. Un soutien aux proches peut également être réalisé en parallèle de la cure. Enfin, nous pouvons prendre en charge les personnes suivant une cure de désintoxication ou en traitement de substitution auprès d’un médecin.

Pour plus de renseignements concernant les lieux résidentiels et hospitaliers de cure, vous pouvez prendre contact avec la permanence téléphonique.

La loi stipule que chacun·e des travailleur·euses d’Infor Drogues & Addictions est soumis·e au secret professionnel. Psychologues, assistant·es en psychologie, assistant·es sociaux·les et tout autre collaborateur·trice y sont tenu·es de par leurs fonctions et par leur engagement au sein d’Infor Drogues & Addictions. Le secret professionnel est donc une garantie de la qualité de notre travail.

Oui, chaque entretien est fait dans l’anonymat. Que ce soit par téléphone, sur Internet ou lors d’une rencontre en présentiel, toutes les dispositions sont prises pour garantir l’anonymat de la personne.

Non, les travailleurs et travailleuses d’Infor Drogues & Addictions sont soumis·es au secret professionnel. Il leur est formellement interdit de révéler quoi que ce soit du contenu d’un appel, d’un entretien ou d’un échange de courriers à autrui, y compris la police.

 Législation

  • La détention de cannabis dans un établissement pénitentiaire ou dans une institution de protection de la jeunesse ;
  • La détention de cannabis dans un établissement scolaire ou similaire ou dans ses environs immédiats. Il s’agit de lieux où les élèves se rassemblent ou se rencontrent, tel qu’un arrêt de transport en commun ou un parc proche d’une école ;
  • La détention ostentatoire de cannabis dans un lieu public ou un endroit accessible au public (p. ex. un hôpital).

Extrait de la Directive commune relative aux infractions en matières de cannabis, du 1er février 2005.

Les fonctionnaires de police peuvent, dans l’exercice de leurs missions et afin de s’assurer qu’une personne ne porte pas une arme ou un objet dangereux pour l’ordre public, procéder à une fouille de sécurité dans certains cas.

Dans l’hypothèse où quelqu’un·e a commis ou est sur le point de commettre une infraction, la loi prévoit que la police peut procéder à une fouille. Ainsi, une personne peut être fouillée parce que la police la soupçonne de détenir de la drogue. Toutefois, celle-ci doit détenir des indices suffisants pour le faire.

La police a le droit de vérifier l’identité de toute personne sur le territoire belge et peut demander à toute personne de se rendre au commissariat de police.

Un procès verbal est toujours rédigé par la police et envoyé au Parquet qui décide de la suite réservée au dossier. La police a le choix entre deux types de PV, soit le normal ou le simplifié :

  • Le PV simplifié ne sera éventuellement rédigé que pour un usage personnel (max. 3gr de cannabis découvert), et ne cause pas de troubles à l’ordre public. Un listing des PV simplifiés est envoyé mensuellement au Parquet qui peut, à tout moment, demander les PV auxquels il estime qu’il y a lieu de donner suite. Le magistrat du Parquet peut également classer sans suite un dossier impliquant une détention limitée de produits dérivés du cannabis en vue d’une consommation unique ou occasionnelle, le contact avec le service de police étant considéré comme une mise en garde suffisante.
  • Dans les autres cas, plusieurs possibilités s’offrent au magistrat du Parquet qui reçoit le pv normal:
  1. Le classement sans suite moyennant avertissement par la police et/ou renvoi vers un service spécialisé d’assistance aux toxicomanes ;
  2. La probation prétorienne c’est-à-dire un classement sans suite moyennant le respect de certaines conditions telles que l’absence de récidive, la non fréquentation du milieu toxicomane, la désintoxication,… ;
  3. L’extinction de l’action publique suite au paiement d’une somme d’argent (transaction) ;
  4. La citation devant le tribunal correctionnel qui peut prononcer un travail d’intérêt général (TIG), une amende et/ou un emprisonnement. Ces deux dernières peines pouvant être associées à un sursis ou à une suspension.

Vous pouvez refuser de le faire sauf si un·e juge a enjoint ce contrôle d’urine. Ce type de contrôle, s’il est pris à l’initiative du Parquet ou des services de police eux-mêmes, est illégal.

En effet, une mesure de contrainte n’est pas permise sans une décision d’un·e juge ; les services de police vont donc demander le consentement de l’usager·ère de drogues. S’y opposer est alors tout à fait légal et légitime. Les motifs raisonnables ne manquent pas (atteinte à la vie privée, secret médical, etc.). Néanmoins, les refuser est très délicat car le ou la juge risque d’interpréter ce refus comme un aveu de culpabilité. Dans un tel cas, le recours à un·e avocat·e est vivement conseillé.

L’avocat·e peut recevoir quelqu’un en consultation et ne lui demander que le coût de cette consultation. Le prix moyen d’une consultation juridique est de +/- 100 euros. Les personnes qui disposent du minimum de moyens d’existence ont droit à faire appel à un·e avocat·e pro deo. L’avocat·e pro deo est payé·e par le ministère de la Justice. Les autres personnes peuvent aussi faire appel aux avocat·es pro deo mais devront payer en fonction de leurs revenus. Le principal inconvénient est que certain·es avocat·es pro deo manquent d’expérience. Néanmoins, la nouveauté est que tous·tes les avocat·es peuvent s’inscrire pour l’aide de deuxième ligne et plus seulement les stagiaires.

L’aide de première ligne est dispensée dans des permanences juridiques. Il s’agit d’un premier avis oral ou d’une première forme d’aide.

L’aide de deuxième ligne consiste en un avis juridique circonstancié ou l’assistance par un·e avocat·e dans le cadre ou non d’une procédure ou d’un procès.

Pour toute question juridique relative à l’usage de drogues, vous pouvez également faire appel à la Liaison Anti-prohibitionniste par téléphone au 02 230 45 07 ou via l’adresse info@laliaison.org.

Non, le cannabis est illégal en Belgique. Pour en savoir plus nous vous invitons à lire  la dernière réglementation cannabis.

Posséder des graines de cannabis équivaut à posséder du cannabis, ce qui est toujours interdit. Néanmoins, la police considère la possession d’une plante de cannabis comme étant « la plus faible priorité » et peut faire l’objet d’un PV simplifié pour autant qu’il n’y ait pas de troubles à l’ordre public.

Cette tolérance ne vaut que pour une seule plante ou une seule graine.

Certaines sociétés hollandaises proposent des graines de cannabis livrées par courrier postal. Si le colis est intercepté par les forces de l’ordre, l’expéditeur·trice pourra être poursuivi·e en Belgique pour vente et incitation tandis que le ou la destinataire pourra être notamment poursuivi·e pour détention.

Non, la police ne peut pas vous proposer cela. Soit la police n’établit aucun constat, soit elle dresse un procès verbal qu’elle transmet au parquet. Seul ce dernier peut proposer une transaction financière.

La loi sur la fonction de police permet la constitution et la tenue de fichiers à certaines conditions. La tenue d’un fichier doit se faire dans les limites et sous la responsabilité des autorités compétentes (ministère de l’Intérieur, ministère de la Justice, …). Cela veut dire qu’en dehors des directives qui sont données par les autorités, la police ne peut prendre l’initiative de constituer un fichier.

La tenue de fichiers ne peut se faire que dans le cadre des missions qui leur sont confiées par la loi, à savoir la prévention d’un risque ou d’un danger concret et la répression des infractions.

Il faut un intérêt concret. Cette condition rend douteuse la légalité de ce qu’on appelle les enquêtes proactives. La récente réforme du code d’instruction criminelle (appelée petit Franchimont) a réglementé cette matière des enquêtes proactives. Si elles sont actuellement autorisées, elles ne le sont que sous la responsabilité d’un magistrat. Les policier·ères et les gendarmes ne peuvent donc les mener d’initiative.

Les renseignements qui se trouvent dans le fichier doivent présenter un lien direct avec la finalité du fichier.

Les renseignements repris sur ce fichier ne peuvent être communiqués qu’aux autorités, services de police et aux services de renseignements officiels qui en ont besoin pour l’exécution de leurs missions. Ils peuvent également l’être à la Commission pour la protection de la vie privée, dans le cadre de la loi du 8 décembre 1992. La loi limite donc la communication des informations aux seuls autorités et services de police. Cela exclut tant les services tels que l’Office des étrangers, l’inspection des lois sociales, l’inspection du travail, les C.P.A.S…. que les personnes privées (personnes physiques ou personnes morales). Ces informations ne pourront dès lors leur être transmises que dans le cadre d’une enquête par l’intermédiaire du Parquet.

Le recueil d’information ne peut se faire sous la contrainte et doit respecter les règles en matière d’inviolabilité du domicile, du secret de la correspondance, du secret des communications et plus générales, relatives à la protection de la vie privée (prise de photos, enregistrement et conversations…).

Elle n’en a pas le droit, car vous bénéficiez toujours de la présomption d’innocence. Par contre, si un jugement est rendu dans lequel vous êtes condamné·e, votre casier judiciaire ne sera plus vierge. Certaines professions nécessitent un extrait de ce casier judiciaire pour pouvoir prendre fonction.

La prise de drogue sur le lieux de travail n’est pas un motif suffisant pour licencier quelqu’un. L’employeur·euse doit démontrer la faute ou le danger que constitue cette consommation.

En dernier recours, c’est le tribunal qui appréciera l’existence de la faute grave en fonction des circonstances. Il s’agira d’établir si les circonstances en elles-mêmes ne sont pas compatibles avec une prise de drogue (exemple : je suis engagé·e comme pilote d’avion ou grutier et je suis ivre sur le chantier).

Ce n’est pas la toxicomanie qui justifie le droit à mettre quelqu’un·e à la porte de son logement. Le ou la propriétaire doit donc suivre la réglementation en vigueur en matière de location. Pour expulser un·e locataire, il faut faire appel au juge de paix.

La toxicomanie ne suffit pas pour soustraire le droit de visite d’un père ou d’une mère à son enfant. Les faits sont plutôt laissés à l’appréciation du ou de la juge de la jeunesse, qui peut décider de supprimer le droit de visite.

De nombreux services existent pour aider et soutenir des parents toxicomanes dans leur parentalité. Contactez notre permanence téléphonique pour tout renseignement.

Le ou la juge de la jeunesse peut décider de placer un enfant dans une institution ou dans une famille d’accueil s’il est estimé que l’enfant est en danger (négligence grave, violence,…). Le ou la juge appréciera donc si la consommation des parents met l’enfant en danger.

Il y a différents types d’alternatives prises par différentes instances judiciaires. Au niveau de la police, il n’y a pas d’alternative.

Alternatives à la détention préventive :

– Le ou la juge d’instruction compétent·e pour décerner un mandat d’arrêt peut décider que celui-ci ne sera pas mis en œuvre moyennant le respect de certaines conditions (exemple : dépôt d’une somme d’argent, ne pas fréquenter certains lieux ou personne, suivre une cure…)

Au niveau du parquet, il y a :

– La probation prétorienne, qui est une pratique des magistrat·es en dehors de tout code légal. Il s’agit du classement sans suite moyennant le respect de certaines conditions (non récidive, non fréquentation du « milieu » , désintoxication, fréquenter l’école, rechercher un emploi…)

– Le travail d’intérêt général (TIG) ne sera pas prononcé dans le cadre de la probation prétorienne car il doit être encadré par un·e assistant·e de médiation et ne peut être effectué que dans des organismes ou fondations agréés.

– La transaction peut également être considérée comme une alternative puisqu’elle permet l’extinction de l’action publique moyennant paiement d’une somme d’argent.

– La médiation pénale (loi du 10 février 1994). Dans ce cadre, le parquet peut prononcer :

  • Une médiation au sens strict où les parties du litige sont mises en présence via un tiers afin de trouver une solution (exemples : excuses, dédommagements des frais encourus par la victime). C’est l’assistant·e de médiation qui a en charge le dossier. Cette mesure n’est pas appliquée dans les dossiers concernant des stupéfiants ;
  • L’obligation de suivre une formation ;
  • Un TIG ;
  • Une injonction thérapeutique. Cette mesure concerne évidemment les usager·ères de drogues. Elle est cependant peu utilisée par les substituts de la section « stup » de Bruxelles pour plusieurs raisons : durée maximum de 6 mois.

L’obligation de résultat imposée porte sur le fait de suivre une cure de désintoxication (attestation) mais non sur l’arrêt de l’usage. Le parquet est plus libre dans le cadre de la probation prétorienne.

– Le ou la juge
Le ou la juge correctionnel peut prononcer un sursis ou une suspension simple ou bien l’assortir de conditions (probation).

Quelques informations concernant la détention de cannabis aux Pays-Bas :

Le cannabis est illégal aux Pays-Bas. La différence entre la Hollande et les autres pays est qu’on y tolère que les gens achètent des petites quantités de cannabis dans des « coffee shops » et la police tolère que les citoyen·nes aient une petite quantité sur eux. La vente et la consommation de cannabis sont tolérées dans les coffee shops, pour autant que la quantité ne dépasse pas 5 grammes.

Toutefois, la police confisque toute quantité détenue. En cas de possession de plus de 5 gr., vous êtes passible d’une amende. S’il s’agit d’un·e mineur·e belge, ses parents seront automatiquement avertis, un procès-verbal sera dressé et transmis à la police belge. En cas de possession de plus de 30 gr., des poursuites judiciaires seront engagées.

Effectivement, les Pays-Bas tolèrent la vente de petite quantité de hachisch (max. 5 grammes) dans les coffee shops. Toutefois, le cannabis reste illégal aux Pays-Bas, ce qui veut dire que la police confisque systématiquement toute quantité découverte détenue par des étranger·ères, cela en vue de décourager le tourisme de la drogue. Avec une quantité plus importante (entre 5 et 30 gr.), le seuil de tolérance de la police hollandaise sera dépassé, vous serez alors passible d’une amende voire, si plus de 30 gr., de poursuites judiciaires.

Vous pouvez toujours être poursuivi·e en Belgique à partir du moment où la police a une preuve ou un indice que vous avez possédé du cannabis à un moment ou un autre, même si c’était aux Pays-Bas.

0,5 grammes. Cela correspond ± à 2 ou 3 verres de 25cl pour un homme et à 1,5 ou 2 verres pour une femme. S’il s’agit de bières spéciales plus alcoolisées, un verre constitue le maximum.

Les risques sont d’abord et surtout ceux de provoquer un accident avec toutes les conséquences sur sa propre santé et sur celles d’autres usager·ères de la route. En effet, l’alcool fait perdre la lucidité, la vigilance et la promptitude des réflexes indispensables à la maîtrise d’un véhicule. De plus, l’alcool donne l’illusion de la maîtrise car il augmente la confiance en soi. Le ou la conducteur·trice peut donc avoir tendance à rouler plus vite alors que ses réflexes sont très nettement diminués. On mesure bien que cette situation est d’autant plus dangereuse.

Si vous avez de 0,5 % à 0,8 % dans le sang :

  1. Il vous sera interdit de conduire pendant 3 heures à compter de la constatation et vous devrez remettre votre permis pour cette durée;
  2. Vous devrez payer une amende de 125 euros. Si vous ne payez pas, le juge peut vous condamner à une amende de 125 à 2500 euros.

A partir de 0,8 %, en cas d’ivresse ou en cas de refus de test : interdiction de conduire pendant 6 heures (renouvelable) et votre permis sera retiré pour une durée variant en fonction du taux d’alcoolémie constaté.

La police peut décider d’un retrait immédiat du permis de conduire ; le ou la juge peut prononcer une amende de 1000 à 10000 euros, un emprisonnement de 15 jours à 6 mois, une déchéance du droit de conduire de 8 jours à 5 ans. En cas de récidive, les peines prévues sont plus lourdes.

Avis & conseils

La consommation de stupéfiants de la part d’un·e proche présente rarement une situation de danger, telle qu’elle nécessite l’appel aux forces de l’ordre.

Ne perdez pas de vue que le ou la policier·ère de quartier toujours prêt·e à rendre service reste un·e policier·ère qui devra donner une suite (judiciaire éventuellement) à votre appel dont l’issue vous échappera complètement.

Peut-être en tant que parent vous sentez-vous en difficulté pour faire face à cette situation. Nombreux sont les parents qui sont désorientés par la consommation d’un fils ou d’une fille. C’est pourquoi il est souhaitable de ne pas rester seul·e à vivre l’anxiété que suscitent ces situations. Rechercher une personne de confiance (ami·es, parents,…) à qui parler peut être aidant. Vous pouvez aussi vous adresser à un service d’aide proche de chez vous (centre de guidance, planning familial).

Nous pouvons aussi en parler avec vous pour dégager ensemble différentes possibilités. 

Néanmoins, faire appel à la police est parfois nécessaire pour demander aide et protection dans certaines situations de danger.

Pour nous, le terme « drogué·e » ne veut pas dire grand chose et peut être péjoratif pour certaines personnes.

Cela pourrait vouloir dire « dépendant·e », mais une personne qui fume des joints n’est pas forcément dépendante du cannabis. Cette pratique peut être occasionnelle. Tout·e « usager·ère de drogue » n’est pas dépendant·e, de la même manière que tout·e « buveur·euse d’alcool » n’est pas alcoolique.

Un autre sens auquel cette appellation pourrait renvoyer est « délinquant·e ». À part le fait que le cannabis est et reste interdit, une personne qui fume des joints n’est pas d’office « délinquant·e ». Il n’y a pas de lien automatique entre les deux.

L’adolescence, c’est l’âge où la personne se cherche, ne se sent pas à sa place, questionne le discours des aîné·es, voire s’y oppose violemment (désarroi, angoisse et doutes ne sont pas le propre des adultes).

Ce moment se traduira selon chaque personne par diverses expériences. Ainsi, certain·es chercheront à prendre distance avec leur famille, ce sont ces « copains ou copines » que les parents ne connaissent pas.

Dans ces groupes, la consommation d’un produit peut constituer un signe d’appartenance au groupe. D’autres traduiront ce moment de l’adolescence par l’envie de changer de look, de ne « rien faire », etc.

Ceci indique que très souvent, et contrairement aux apparences, « la drogue » n’est pas centrale pour l’adolescent·e qui en consomme et que ce qui est véritablement important, c’est la constitution de son identité spécifique. Répondre au « pourquoi » consistera à aller voir de ce côté-là.

Bien sûr, une réponse aussi courte ne peut pas répondre à vos attentes par rapport à une question aussi complexe. C’est donc dans une relation de dialogue que l’ensemble des éléments particuliers à ce qui vous arrive et à ce que vous éprouvez pourra être pris en compte. N’hésitez donc pas à prendre contact avec notre permanence téléphonique : 02 227 52 52.

D’abord, il n’y a pas d’âge à partir duquel il faudrait absolument parler des drogues, ni d’informations à transmettre absolument. Par contre, il ne faut pas non plus considérer ce thème comme un tabou et imposer le silence sur toute question à son propos. C’est un thème difficile, qui soulève de nombreuses questions mais qui n’est pas vraiment différent d’autres thèmes eux aussi difficiles à aborder entre parents et enfants (les relations sexuelles, la violence, l’argent, etc.).

Ensuite, l’information donnée laisse souvent transparaître l’angoisse ou l’inquiétude de l’adulte, ses propres malaises par rapport à la drogue, alors que les jeunes ont besoin, par rapport à ce thème comme par rapport à tout autre, de sécurité, de quelqu’un·e à qui parler et de repères clairs. De plus, l’information est souvent construite pour faire peur, on parle davantage des substances illicites, insistant ainsi sur leurs caractères interdits et sur son aspect nuisible pour la santé.

On pense habituellement que la peur est dissuasive. Mais centrer l’attention sur l’interdit pousse certain·es (surtout à l’adolescence) à vouloir le transgresser. Se centrer sur le caractère nuisible du produit occulte les contradictions internes à toute consommation : s’y mêlent en effet plaisir et bénéfices secondaires importants à l’adolescence (se faire valoir auprès des ami·es, postposer un effort à fournir, se procurer du plaisir plus facilement, etc. ). Si on n’aborde pas ces questions-là, notre discours restera boiteux et n’atteindra pas le but poursuivi.

Bien sûr, chaque situation est différente et c’est à chacun·e d’agir, en « âme et conscience ». Néanmoins, vous trouvez quelques pistes dans la suite de ce texte.

Il est plus aisé de parler de ce sujet suite à une demande ou à une interpellation de l’enfant vis-à-vis de l’adulte. En ce cas, vous pouvez vous appuyer sur une brochure ou un livre, non pas pour transmettre une information de façon scolaire, mais pour ouvrir le débat avec votre enfant, en restant très vigilant·e à l’accueil qu’il vous faut offrir à des questions ou des préoccupations auxquelles vous n’auriez pas pensé vous-mêmes.

Si il n’y a pas de demande explicite de la part de l’ado, les informations et le dialogue peuvent néanmoins souvent s’intégrer dans le fil d’une autre conversation. La meilleure prévention consiste à adopter une attitude générale grâce à laquelle vous participez au développement de certaines opinions, de certains comportements dans les relations ou aptitudes personnelles (jugement critique de ce qu’il ou elle entend, affirmation et confiance en lui ou elle, capacité à défendre un point de vue, même impopulaire …).

Vous faites de la prévention chaque fois que vous donnez des moyens de développer une personnalité équilibrée, capable de s’intégrer dans la collectivité et de développer des choix responsables, et éventuellement de les défendre. Vous permettez ainsi un dialogue constructif sur ce qui construit le monde de votre enfant :

– la santé (l’alimentation, le sommeil, les médicaments, le sport, …),
– le plaisir (la capacité d’attendre, les activités plaisantes mais risquées, le rôle de la publicité, des modes, …),
– la loi et les limites.

Comme vous le constatez, il ne faut pas tout savoir sur les drogues avant d’engager le dialogue. En effet, ce qu’attendent les enfants et les adolescent·es n’est certainement pas un cours sur les effets des drogues (ils et elles les connaissent vraisemblablement mieux que vous) ; ils et elles sont plutôt en attente de discussions qui les aident à se structurer et à construire leurs propres valeurs.

Vos enfants ont entre 10 et 12 ans ? Découvrez le type de questions qu’ils peuvent se poser.

Si la demande est une demande collective (c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas de la demande d’un·e seul·e élève), prenez le temps de préciser son objet. Ici aussi, on peut avoir une grande variété de questions : questions sur les produits, sur la personne, sur l’interdit…

Nous vous proposons de ne pas inviter de spécialistes, ni d’ancien·nes toxicomanes, ni de gendarmes ou la police qui viendraient présenter les drogues aux élèves ou aux autres professeur·es. Ce type d’intervention ne propose aux jeunes qu’une information centrée sur le produit et sur les dangers des drogues. Cela a le grand désavantage de laisser dans l’ombre les motifs de consommation et de dépendance, éléments pourtant les plus importants et les plus parlants pour les jeunes.

Pour aborder ces éléments, bien que vous ayez beaucoup de compétences, vous pouvez vous faire accompagner par notre équipe de prévention. En effet, comme pour d’autres conduites à risques, le débat s’ouvre rapidement sur l’attrait de l’interdit, les plaisirs inconnus, l’influence du groupe, le prestige du risque, …

N’oubliez pas que vous faites de la prévention chaque fois que vous ouvrez un dialogue constructif sur les thèmes de la santé, du plaisir, de la loi, du risque, des valeurs et des limites.

Quand c’est possible, intégrer l’information dans votre cours. Tâchez d’allier la dimension de l’objectivité (il est important que les élèves aient des réponses claires à leur questions) et une réflexion plus générale sur la santé.

Un·e jeune vous interpelle de façon directe. Il ou elle vous a choisi comme digne de confiance et il est important de lui répondre.

Vous pouvez l’aider à dire ce qui l’inquiète dans la consommation de son ami·e, mais discuter aussi pour comprendre de quelle façon il ou elle est concerné·e par la situation dont il ou elle vous parle. Vous pouvez également lui demander ses attentes par rapport à votre écoute et à votre aide.

La façon dont vous allez accueillir ses questions concernant son ami·e est une façon d’accueillir les siennes. A la fin de la conversation, proposez lui de continuer le dialogue en une autre occasion. Ainsi ce jeune se sentira soutenu·e, ce qui est important dans des moments peut-être difficiles.

La première chose à faire est de prendre du recul et de s’interroger sur les motivations liées à la consommation. En effet, souvent, les véritables raisons nous échappent. Ce travail peut être facilité avec une aide extérieure, qui peut nous aider à repérer le pourquoi de notre consommation. Il s’agira alors de trouver une autre manière de répondre à ce(s) besoin(s).

Bien souvent, un accompagnement social sera aussi nécessaire, il conviendra de mettre en place des points d’appui sur lesquels vous pourrez compter pour vous construire un autre projet de vie qui vous convienne.

Parfois, plusieurs rechutes peuvent survenir avant d’arriver à un arrêt définitif. Ces rechutes ne sont pas à considérer comme des échecs mais plutôt comme des étapes d’un long parcours.

La visée d’une cure de désintoxication est de faire en sorte que la personne ne soit plus dépendante physiquement de la substance qu’elle consommait. Ni plus, ni moins.

Une cure de désintoxication, aussi appelée sevrage, n’est d’ailleurs pas toujours nécessaire puisque tous les produits n’entraînent pas une dépendance physique.

Bien entendu, la personne peut saisir cette occasion pour interroger les causes qui l’ont poussée à (trop) consommer. Le séjour peut également être, pour certaines personnes, l’occasion de se mettre à distance du produit, du milieu où elle consomme, mise à distance nécessaire et salutaire même si elle ne se révélera peut-être que provisoire.

Aussi, telle personne cessera effectivement durablement de consommer après sa cure, telle autre rechutera après s’être ménagée une pause, telle autre enfin aura décidé de commencer un travail psychologique et/ou sur elle-même avec un·e psychothérapeute afin de traiter sa consommation-symptôme.

 Des questions d’enfants

Ces questions proviennent de notre brochure « Les enfants, les drogues et les pourquoi ? » que vous pouvez retrouver au complet ici.

Prenons l’exemple du jour où une dent fait très mal. Alors, les parents donnent un médicament anti-douleur pour qu’on n’ait plus mal. Ce médicament n’a pas eu d’effet sur la dent mais sur la perception de la douleur. Celle-ci a diminué ou a disparu. C’est un peu comme quand on consomme du chocolat ou qu’on regarde la télévision quand on est triste, ça fait diminuer la sensation désagréable.

Les adultes consomment des produits-drogues pour des raisons variées. Beaucoup boivent du café le matin car cela les aide à se réveiller. D’autres prennent des somnifères le soir car cela les aide à s’endormir. Il arrive à des travailleur·euses de se détendre après le boulot en buvant une bière. Parfois, fumer du cannabis aide certaines personnes à rigoler avec leurs ami·es. Pour d’autres, la cocaïne soutient la concentration dans leur travail quand la fatigue se fait sentir.

Les adultes consomment des produits-drogues parce que leurs effets les aident à quelque chose, ils remplissent ce qu’on appelle un besoin. Le besoin rempli par le produit-drogue est toujours lié à l’activité mentale (ne plus ressentir une douleur, se réveiller, se détendre, s’endormir, se concentrer, etc.)

En effet, on nous a dit plein de fois que fumer est très mauvais pour la santé. Mais on nous avait dit aussi de ne pas manger trop de chocolat. Mais parfois on se dit« tant pis pour le mal au ventre » quand le plaisir du chocolat est trop important.

En ce qui concerne les cigarettes, plein de motivations existent. Parfois, ce sont des grands qui fument dans la cour de récré et ils sont vraiment trop cool. On veut tellement être comme eux. Un copain fumait dans une autre école où personne ne fumait. Lui, il avait sans doute besoin de se distinguer des autres, de paraître différent. Sur le moment, bien sûr, on ne se rend pas compte qu’on fume pour leur ressembler ou être différent. Par exemple, on dit qu’on fume car on aime l’odeur et le goût du tabac.

Pour certaines personnes, le besoin rempli par les cigarettes est tellement important que l’avertissement pour la santé n’a pas d’effet. Si la cigarette répond à leur besoin, si leurs ami·es les considèrent avec plus de respect par exemple, ou, comme pour ce copain, comme quelqu’un de différent et bien alors ils auront envie de continuer à fumer.

Non, pas forcément. Prenons l’exemple d’un mal de dents : si on fini par aller chez le dentiste pour qu’il soigne les dents, alors on n’a plus mal et on n’a plus besoin de prendre le médicament ou l’aspirine. Par contre, si on ne va pas chez le dentiste parce qu’on a peur qu’il fasse mal, les dents continueront à faire de plus en plus mal. On aura donc besoin de prendre de plus en plus souvent des médicaments pour ne plus avoir mal.

Pour les drogues, c’est un peu la même chose. Quand on a un besoin important comme par exemple se réveiller le matin, soit on prend un produit-drogue comme le café ou le coca ou on trouve une autre façon de se réveiller comme prendre une douche bien fraîche. Donc, on peut penser à d’autres manières pour ne pas toujours prendre ce même produit. Parfois, certaines personnes ne trouvent pas d’autres manières de répondre à leur besoin, elles n’ont que cette manière-là. On dit alors que ces personnes sont dépendantes du produit en question pour répondre à ce besoin. On est dépendant·e quand on n’a qu’une seule manière de répondre à un besoin.

On peut aussi réfléchir à la raison pour laquelle on est si fatigué·e le matin : qu’est-ce qui pèse si lourd au point de ne pas avoir envie de se lever ? Cette façon de faire est la plus intéressante mais ce n’est pas toujours facile. Par exemple, pour certain·es fumeur·euses, c’est pas facile de se dire que c’est grâce aux cigarettes qu’ils et elles se trouvent cool. On préfère penser que notre assurance et nos qualités en général viennent de nous. Pour certain·es, il leur arrive de fumer un joint parce qu’ils ou elles sont trop mal en allant à l’école. Par exemple, à cause du harcèlement par un plus grand. Fumer ce joint les détend et les aide à y aller. Quand l’école est devenue moins horrible parce que l’élève harcelant·e a été exclu, il n’y a plus besoin de ce produit-drogue.

Le fait de continuer ou non à prendre un produit-drogue dépend donc de notre besoin. D’une part, en fonction des aléas de nos vies, ce besoin se maintient-il, se développe-t-il ou disparait-il? D’autre part, quels autres moyens ai-je à ma disposition pour répondre à ce besoin ?

Tout d’abord, il faut savoir qu’il n’est pas toujours facile d’aider quelqu’un·e car cette personne peut refuser l’aide qu’on lui propose. Par exemple, demander de l’aide est, pour certaines personnes, un signe de faiblesse.

Il arrive aussi que l’aide qu’on propose se trompe d’objet. Par exemple, si on propose à certain·es consommateur·trices de produits-drogues de les aider à arrêter leur consommation, c’est un peu comme si on proposait à la personne qui prend des anti-douleurs car elle souffre d’une rage de dents de l’aider à ne plus prendre ces médicaments ! Cette personne considère qu’elle a besoin de ces médicaments et il y a donc beaucoup de chance qu’elle refuse ce type d’aide.

Pour celui ou celle qui a un besoin (comme éviter la rage de dent, le besoin de faire grand, la peur de l’école, la difficulté de déclarer son amour, etc.), l’aide trouvée, c’est le produit-drogue qui la donne. La personne a souvent peur qu’on l’empêche de prendre ce produit-drogue, alors elle refuse l’aide.

Le plus important quand on veut venir en aide à quelqu’un·e dans cette situation, c’est de lui faire comprendre :  » je suis là et je ne te juge pas « 

Il faut que la personne sache qu’on est là sans qu’on lui dise directement que c’est pour l’aider. Il faut qu’elle se rende compte qu’on est là non pas par curiosité ou pour faire un jugement mais parce qu’elle compte pour nous, tout simplement. Pour le montrer, il faut s’intéresser à ce que vit cette personne. C’est par là qu’on comprendra le véritable besoin qui doit être rempli (grandir, avoir une parole reconnue, être valorisé, oser parler à son chef, son père, son amour, etc.) et en lui demandant ce qu’on peut faire pour lui par rapport à ce besoin.

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