Définition des drogues

Qu’entendons-nous par drogues?

Le mot « drogue » désigne toute substance, naturelle ou synthétique, qui a un effet modificateur sur l’état de conscience et/ou l’activité mentale.

Le cannabis, la cocaïne, l’XTC, mais aussi l’alcool, le tabac ou encore certains médicaments (antidépresseurs, tranquillisants, …) correspondent à cette définition.

On ne peut donc pas parler d’une drogue, mais plutôt des drogues. C’est pourquoi, dans la suite de ce document, le pluriel sera utilisé comme terme générique et englobera les drogues illicites mais aussi l’alcool, le tabac, les médicaments psychoactifs, etc.


Les usages de drogues : une réalité complexe

La manière dont on parle des drogues n’est pas anodine. Les médias et les croyances populaires répandent souvent l’idée que les drogues sont un fléau dans notre société. L’information privilégie la plupart du temps le sensationnalisme à un abord plus nuancé du phénomène. Les drogues seraient la cause de tout et seraient alors toutes-puissantes : ce sont les propriétés intrinsèques du produit qui pousse à la consommation.

Avec cette logique, on risque de se lancer dans une course vaine pour tenter d’éradiquer les drogues, qui ont par ailleurs toujours existé à travers tous les âges et toutes les civilisations. Cela revient aussi à nier la capacité d’agir des personnes consommatrices et l’influence d’autres facteurs. En effet, ce discours ne prend pas suffisamment en compte la complexité des usages de drogues. Ce phénomène ne peut être compris sans s’intéresser en premier lieu aux personnes qui consomment et aux contextes individuels et sociaux dans lesquels ces consommations prennent place.


Drogues et usages de drogues

Si on met l’individu au centre de la réflexion, il est également plus significatif de parler d’usages de drogues plutôt que de drogues. En effet, ce qui peut faire problème ou non ne sont pas les drogues en elles-mêmes, mais la manière dont on en use.

L’usage, c’est la rencontre entre un produit (une drogue, avec ses propriétés pharmacologiques et son inscription culturelle),  une personne qui en use (avec son histoire, ses valeurs, etc.) et un contexte (société, culture, lieu, moment). Chaque usage est donc particulier et sa compréhension demande à ce qu’on prenne en compte ces trois éléments (personne, contexte et produit).

Ainsi, de la même manière qu’avec l’alcool, on peut consommer une drogue de façon récréative qui n’entraînera pas de dépendance pour l’usager·ère. Il existe donc une pluralité d’usages : usage occasionnel, récréatif, modéré, problématique (par exemple lors de la conduite de véhicule, pendant le temps professionnel ou scolaire, etc.) ou dépendant.


Dangerosité

La dangerosité des drogues recouvre tant des aspects sanitaires que relationnels et affectifs, sociaux et judiciaires. Elle varie fortement en fonction du produit, mais surtout des quantités et de la régularité de consommation (ce n’est pas la même chose de consommer un verre d’alcool par semaine ou plusieurs verres chaque jour).

Aux propriétés pharmacologiques des produits, s’ajoutent les conséquences néfastes liées aux modes de consommation (injection intraveineuse, sniff, …), à la détérioration du style de vie (alimentation, hygiène, …), etc.

De plus, les produits fabriqués clandestinement ne font pas l’objet de contrôle. Ceci implique que d’une part, leur qualité et leur dosage sont inconnus pour la personne qui consomme et, d’autre part, qu’ils sont très souvent coupés avec d’autres substances pouvant elles aussi être dommageables pour la santé.

L’illégalité des produits peut entraîner des poursuites judiciaires qui peuvent avoir un impact important sur la vie sociale et professionnelle. Elle amène aussi parfois à des actes délinquants (prix très élevés qui conduisent certain·es usager·ères dépendant·es à commettre des délits pour assurer leur consommation) et génère une criminalité du fait des trafics internationaux.

En cas d’usage problématique ou dépendant, les relations affectives et sociales peuvent également se détériorer.


L’escalade

Une idée persistante encore aujourd’hui vient de la théorie de l’escalade, soit le fait qu’un usage régulier d’un produit dit « doux » amènerait la recherche de sensations « plus fortes » et donc le recours à des produits dits « plus durs ». Cette hypothèse ne se vérifie ni dans la réalité, ni dans les expériences scientifiques réalisées. À titre d’exemple, la grande majorité des usager·ères de cannabis n’expérimentent jamais l’héroïne et ne deviennent pas héroïnomanes.