Tabac

Le tabac, obtenu en séchant les feuilles de la plante de tabac, est un stimulant du système nerveux central. Sa principale substance active est la nicotine, qui provoque une libération de dopamine.
Consommé principalement sous la forme de cigarettes, le tabac est aujourd’hui décliné sous de nouvelles formes technologiques (tabac chauffé) ou orales (snus). La combustion de la feuille de tabac crée de nouveaux composants, dont les principaux sont du monoxyde de carbone et des goudrons nocifs pour la santé.
Le risque principal d’une consommation chronique de tabac est le développement de pathologies lourdes et létales, principalement des cancers (du poumon, de la gorge et de la vessie en majorité) ainsi que les maladies cardiovasculaires et respiratoires chroniques.
Autres appellations : cigarette, clope, sèche, tige, gris, sèche, smoke, etc.
Attention, toutes les informations renseignées ici sont des notions théoriques qui ne remplaceront jamais un accompagnement professionnel. N’hésitez pas à contacter notre service d’accompagnement téléphonique au 02/227 52 52 pour toute demande d’information complémentaire ou personnalisée.
Le tabac est un produit psychotrope manufacturé. Il est élaboré à partir des feuilles séchées d’une plante verte (Nicotinia tabacum – originaire d’Amérique du sud). Sa substance active principale est la nicotine, un alcaloïde qui stimule le système nerveux central.
Il est décliné sous plusieurs formes, principalement en cigarettes manufacturées ou en tabac à rouler. Il existe aussi une forme orale (le snus) ou technologique (tabac à chauffer).
En Belgique, c’est entre 13 et 16% de la population adulte qui est consommatrice régulière de tabac, principalement fumeuse de cigarettes.
Autres appellations : cigarette, clope, tige, tabac à rouler (gris), cigarette électronique (vape/vapo), tabac chauffé, cigare, cigarillo, chicha (narguilé), snus, tabac à chiquer (snuff)
La culture du tabac trouve son origine en Amérique, il y a près de 600 ans. Les peuples autochtones le considérant comme une plante précieuse, il est utilisé lors de rituels médicinaux ou sacrés (purification). En octobre 1492, des feuilles de tabac séchées sont offertes aux équipages des caravelles menées par Christophe Colomb, qui débarquent sur l’île de San Salvador : c’est le premier contact attesté entre l’Europe et le tabac.
Au XVIe siècle, le tabac se diffuse rapidement dans les cours royales et les cercles aristocratiques européens. Jean Nicot, diplomate français, contribue à populariser la plante en France en vantant ses vertus médicinales supposées. Son nom restera associé à la nicotine, principal alcaloïde du tabac.
À l’origine, le tabac est alors cultivé pour ses vertus médicinales. On lui attribue des propriétés contre les maux de tête, les douleurs dentaires ou encore certaines infections. Il est alors consommé principalement sous forme de poudre à priser ou de feuilles à mâcher.
Dès le XIXe siècle, la cigarette supplante le tabac à chiquer, à priser ou même le cigare. Avec l’industrialisation, la production de la cigarette manufacturée devient massive et standardisée. Les premières grandes marques apparaissent, transformant la cigarette en produit de consommation courante. Le conditionnement en paquet facilite la distribution et favorise la diffusion à grande échelle. La cigarette devient alors progressivement un objet du quotidien, associé à la modernité et l’élégance. Les campagnes publicitaires du début du XXe siècle participent à forger son image, souvent glamourisée, associée à la liberté et à la réussite sociale. Au XXe siècle, la consommation de cigarettes connaît une expansion spectaculaire.
Toutefois, les premières études scientifiques établissant un lien entre tabagisme et maladies graves émergent dès le milieu du XXe siècle. Les recherches mettent en évidence les risques de cancer du poumon, de maladies cardiovasculaires et d’affections respiratoires.
À partir des années 1970, les politiques de santé publique se renforcent, avec notamment l’interdiction progressive de la publicité, l’interdiction de fumer dans les lieux publics ou l’augmentation de la fiscalité sur les produits du tabac.
La cigarette passe ainsi d’un produit valorisé socialement à un objet controversé, encadré par des réglementations strictes dans de nombreux pays.
La législation belge interdit strictement la vente et l’offre de produits de tabac aux personnes de moins de 18 ans, y compris :
- les cigarettes électroniques et les e-liquides
- les produits à fumer à base de plantes
- les éléments techniques (papier à rouler, filtres, etc.)
Les vendeur·euses doivent vérifier l’âge de tout·e client·e qui semble avoir moins de 25 ans et qui souhaite acheter un produit de tabac. Cela peut être la carte d’identité ou tout autre document valable, par exemple une carte étudiant, permettant l’identification de l’âge. En cas de doute, la vente doit être refusée.
Les produits de tabac sont soumis à des restrictions de vente strictes. Il est interdit d’en vendre dans les supermarchés de plus de 400 m² et sur des points de vente temporaires (festivals). Il existe également une liste de produits interdits à la vente en Belgique :
- les pochettes de nicotine et de CBD
- les cigarettes électroniques jetables
- les cigarettes électroniques avec des fonctionnalités attractives (par ex. smartvape)
- le tabac à usage oral (snus)
Conformément à la loi du 22 décembre 2009, il est interdit de fumer et de vapoter :
- dans tous les lieux de travail et lieux publics fermés accessibles au public (restaurants, cafés, hôpitaux, aéroports, gares, …)
- dans les véhicules en présence d’un mineur ainsi que dans les transports professionnels
- dans les lieux publics en plein air (plaines de jeux, terrains de sport, parcs d’attractions, …)
Dès le 1er janvier 2027, il sera également interdit de fumer et de vapoter sur toutes les terrasses du secteur de l’Horeca. Toutes les zones fumeur·euses intérieures devront également être supprimées.
La publicité pour les produits de tabac est strictement interdite en Belgique. Cela inclut :
- la publicité dans les médias, sur internet et en affichage
- la promotion en point de vente
- le parrainage ou sponsoring d’événements par des marques de tabac
Des exceptions limitées peuvent exister pour les communications entre professionnel·les du secteur, sous conditions strictes.
Enfin, les produits de tabac ne peuvent pas être exposés dans les commerces, et les paquets de cigarettes, tabac à rouler, cigares et cigarillos doivent désormais être neutres (fin du branding stylisé).
Attention, la durée de présence des produits dans l’organisme dépend beaucoup de la durée de consommation, des doses, des fréquences et des paramètres physiologiques de la personne. Les informations ci-dessous sont donc à prendre avec précaution.
Le dépistage de tabac existe, mais n’a aucun but répressif ou judiciaire, étant donné la légalité du produit. Ce dépistage sert par contre de balise thérapeutique et d’outil motivationnel pour l’usager·ère. Il n’est donc jamais obligatoire et se fait toujours sur base volontaire. Le test consiste alors en une recherche de cotinine (métabolite de la nicotine) dans les urines, la salive ou le sang.
Il existe de multiples modes de consommation du tabac, que nous distinguons principalement comme suit :
Fumé (avec combustion)
- La cigarette manufacturée ou le tabac à rouler : tabac roulé dans des feuilles puis allumé pour en inhaler la fumée. Les cigarettes sont composées d’additifs, de monoxyde de carbones et de goudrons.
- La pipe, le cigare et le cigarillo
- La pipe à eau (aussi appelée narguilé ou shisha) : composé d’un vase contenant de l’eau dans laquelle est immergé un tube avec une valve reliée au foyer. Ce dernier contient du tabac recouvert d’une feuille d’aluminium perforée sur laquelle on place du charbon de bois. Un tuyau avec un bec relié au vase permet d’aspirer la fumée qui passe ainsi par l’eau.
Chauffé (sans combustion)
Divers dispositifs ont vu le jour sur le marché visant à chauffer des sticks de tabac reconstitué à haute température sans brûler la matière. L’objectif présumé est de réduire la nocivité du tabac sur l’organisme en évitant les goudrons. Cependant, la nicotine est conservée.
Sans fumée (oral ou nasal)
- Le tabac oral : se consomme soit sous forme de feuilles de tabac placées en bouche et mâchées (tabac à chiquer), soit sous forme de tabac en poudre, billes ou pâte conditionnée dans un sachet poreux appelé aussi « snus ».
- Le tabac à priser : se présente sous forme de tabac moulu appelé « snuff » destiné à être aspiré par voie nasale.
La cigarette électronique (vape) est un dispositif aujourd’hui beaucoup utilisé, dont le but est de reproduire la fumée d’une cigarette. Elle ne contient pas de tabac, mais peut par contre contenir de la nicotine.
Il ne faut pas confondre tabac et nicotine pure. En effet, la nicotine est une substance présente naturellement dans la plante de tabac, qui stimule le système nerveux central. Elle n’est pas le composant toxique majeur, c’est-à-dire qu’elle n’est pas problématique en dehors de son potentiel addictif.
Il ne faut également pas confondre tabac et cigarette électronique (vape). La cigarette électronique est un dispositif produisant de la vapeur tiède dans le but de reproduire la fumée de la cigarette. Il s’agit d’un embout muni d’une batterie et d’un pulvérisateur, dans lequel on insère des cartouches contenant des substances aromatiques, avec ou sans nicotine. Elle ne contient par contre pas de tabac. Bien qu’elle soit soumise à des restrictions en Belgique (notamment en termes de lieux), elle reste considérée en réduction des risques comme un outil de transition moins nocif que le tabac brûlé.
Enfin, il est important de ne pas confondre tabac et cannabis. Bien qu’il soit souvent mélangé avec du tabac lors de sa consommation, le cannabis est une substance différente, régie par une législation distincte.
Pour plus d’informations sur le cannabis, consultez notre page dédiée.
Attention, les effets recherchés peuvent être différents des effets rencontrés. Ceux-ci peuvent être liés à l’état mental et physique de la personne, du contexte de consommation (stress, anxiété, en groupe ou seul, etc.) et/ou à la qualité du produit.
Les principaux effets à court terme de la consommation de tabac sont :
- sensation de bien-être
- réduction du stress
- diminution de la faim et de la soif
- stimulation cognitive
- sensation d’éveil et de vigilance accrue
- accélération du rythme cardiaque (tachycardie)
- accélération de la tension artérielle
- contraction des petits vaisseaux sanguins (mains et pieds froids)
Attention, dans le cadre d’une consommation chronique, les effets peuvent changer. Certains effets peuvent s’atténuer ou s’intensifier, tandis que d’autres peuvent disparaître ou apparaître. Les nouveaux effets rencontrés peuvent s’approcher des effets recherchés initialement ou justement s’en éloigner.
Un usage régulier de tabac peut provoquer :
- des problèmes buccodentaires (mauvaise haleine, maladie des gencives, déchaussement dentaire,…)
- des infections ORL (toux, asthme, bronchite, BPCO, rhinite, …)
- des problèmes digestifs
- des problèmes dermatologiques (rides, psoriasis, eczéma,…)
- des migraines
- un vieillissement prématuré de la peau
- des taches et un jaunissement des dents, des ongles et/ou des doigts
- une perte du goût et de l’odorat
- des troubles de la fonction érectile
- de l’hypertension artérielle
- une diminution du calibre des artères
Une consommation prolongée de tabac est la cause principale de contraction de maladies cardiovasculaires et des cancers (poumons, colon, pancréas, bouche, gorge, oesophage, vessie ou col de l’utérus).
Consommer régulièrement du tabac pendant la grossesse présente plusieurs risques :
- augmentation des risques de fausse couche
- augmentation des risques de naissance prématurée et de faible poids du nourrisson
Fumer est aussi risqué pour l’entourage des personnes consommatrices. C’est ce qu’on appelle le tabagisme passif, qui est le fait d’inhaler la fumée dégagée par les fumeur·euses. Les substances chimiques contenues dans la fumée de tabac sont donc nocives pour les personnes non-fumeuses côtoyant, de près ou de loin, celles qui fument. Le tabagisme passif, s’il est plus toxique dans un environnement fermé, l’est également dans un environnement ouvert, en particulier dans les lieux couverts (terrasse, auvents, etc.). Plus la durée et l’intensité de l’exposition augmentent, plus le risque de développer des cancers est élevé, même s’il reste moindre que chez le ou la fumeur·euse actif·ve. Certaines maladies, comme les accidents cardiaques, les AVC et certains cancers, présentent un risque plus élevé de se développer chez les personnes adultes exposées régulièrement à la fumée de tabac. Les enfants sont également à risque dû à leur santé plus fragile : ils et elles ont plus de risques d’être touché·es par de l’asthme, des infections respiratoires, des rhinopharyngites ou des otites.
- La consommation de tabac est déconseillée pour les femmes enceintes et qui allaitent.
- Éliminez la consommation par combustion et privilégiez les substituts nicotiniques (patchs, gommes ou pastilles) ou la cigarette électronique pour supprimer les goudrons et le monoxyde de carbone.
- Ne fumez jamais à l’intérieur pour préserver la santé de vos proches.
- Évitez de fumer dans les deux heures qui suivent un effort physique intense. Le coeur étant déjà sollicité, le risque d’infarctus est démultiplié.
- Retardez l’heure de la première prise de la journée pour casser les automatismes matinaux les plus ancrés.
- Si vous avez le sentiment de ne plus contrôler votre consommation, parlez-en à une personne de confiance.
Il existe de multiples définitions de la dépendance et il existe presque autant de types de dépendance qu’il y a de personnes dépendantes. Pour chaque produit et/ou comportement addictif, certaines personnes pourront ressentir certains symptômes de la dépendance, ou non. Chaque situation sera donc toujours particulière. N’hésitez jamais à solliciter un accompagnement professionnel.
Dépendance physique
La dépendance physique est essentiellement due à la nicotine qui, en se fixant sur des récepteurs dans les cellules du cerveau, entraîne la libération de dopamine, de noradrénaline et de sérotonine, 3 substances à l’origine de la sensation de plaisir. Les récepteurs cérébraux s’habituent à recevoir de la nicotine. Lors de l’arrêt du tabac (ou si les substituts nicotiniques sont insuffisamment dosés), cette dépendance provoque les signes de manque. Ce manque engendre irritabilité, troubles du sommeil, anxiété et de fortes pulsions à fumer (cravings).
Dépendance comportementale et sociale
La dépendance comportementale et sociale apparaît lorsque la cigarette est systématiquement associée à certaines situations répétitives tout au long de la journée. Dans ce cas, ces situations déclenchent l’envie de fumer. Progressivement, la consommation devient une consommation réflexe, automatique, conditionnée, souvent en association avec d’autres produits (café, alcool, etc.).C’est la dépendance la plus longue à déconstruire en accompagnement psychosocial.
Tolérance
Le corps s’accoutume à la nicotine. Le ou la fumeur·euse doit consommer une quantité stable ou croissante pour maintenir l’équilibre neurochimique et éviter le sevrage.
Les informations référencées ici sont, pour la plupart, issues de l’expérience des travailleurs d’Infor Drogues & Addictions et des échanges avec des consommateurs·trices, professionnels·les de différents secteurs ou d’autres institutions actives dans le domaine des addictions (notamment celles membres de la Féda).
Toutefois, certaines informations ont nécessité d’être vérifiées ou complétées par des sources externes afin de garantir la véracité de l’ensemble du contenu repris ici. Voici les références supplémentaire utilisées pour l’élaboration de cette fiche produit :
- Tabacstop (Service d’aide belge gratuit)
- Sciensano (Institut belge de santé publique)
- FARES (Fonds des Affections Respiratoires – Wallonie – Bruxelles)
- SPF Santé publique, Tabac : Ce que dit la loi
- Futura, Histoire du tabac
- Environnement Santé, Cotinine
- Observatoire Français des Drogues et des Tendances Addictives, Tabac
- Bruxelles-J.be, Le tabac
- For a Healthy Belgium, Consommation de tabac – Vers une Belgique en bonne santé
- Addictions France, Le tabac
- La ligue pulmonaire, Tabac et nicotine
- Santé publique France, Quelles sont les conséquences du tabagisme sur la santé ?
